‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 424 sur 473 · LA PATRIE ROMAINE · texte numérisé non relu

LA PATRIE ROMAINE

versé en ennemis étaient rentrés dans leurs foyers ' ; Mayence et Cologne, si souvent menacées ou détruites, avaient toujours réparé leurs remparts2; et à portée de la frontière, Trêves, un siècle durant, avait servi de résidence à l'empereur et de capitale à la Gaule et à l'Occident, demeurés romains et victorieux 3. La Victoire était devenue la déesse symbolique de l'Empire \ C'était son autel qui donnait une valeur sacrée à la salle des séances du sénat romain5; c'était son image que les Augustes recevaient à leurs fêtes solennelles 6, comme un talisman qui ferait de leur règne un chaînon de plus dans la succession éternelle des triomphes impériaux. En la Victoire se condensaient quelques-unes des énergies les plus puissantes de la foi religieuse et de la pensée politique du monde ancien ' : elle ressemblait à cette Terre-Mère, créatrice et régulatrice de la vie humaine 8, qui gouvernait la Gaule depuis des milliers d'années9; elle était sœur de la Minerve qui inspire, de la Junon qui commande, de la Fortune qui enrichit 10 ; et s'il y avait encore un Gaulois qui se souvînt des croyances de ses ancêtres, il pouvait voir en elle l'épouse ou la mère de Teutatès, père du peuple11. La Victoire protégeait les villes populeuses comme une Cybèle couronnée de tours12; elle étendait ses ailes sur les

1. T. IV, p. 571, 606 et s.; t. VII, p. 60 et s., 81-2, 87, 166, 186 et s., 236 et s., 276-7.

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