Prudence, Contra Symmachum, II, vers 609 et s
4. Outre Prudence : Origène, Contra Cebum, II, 30 (P. Gr., XI, c. 849); Orose, in fine, VII, 43, 17-18; VI, 22, 5 et s.; V, 2, en particulier § 3 et s. (ad Christianos et Romanos Romanus et Christianus accedo; écrit en 417).
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la terre » K Les païens avaient raillé cette formule2: mais c'était en oubliant qu'on avait dit pareille chose d'Auguste et glorifié dans son Empire la manière d'être de l'univers 3. Car la terre romaine ne renonçait à aucune des illusions qu'avaient semées les héros des siècles de conquêtes.
Païens et Chrétiens, rhéteurs d'Antioche ou prêtres d'Occident, tous entonnaient ensemble l'hymne de gloire à Rome immortelle. On vient d'entendre les paroles de Prudence4; et tout près de lui, c'est un Gaulois païen qui écrit les plus beaux vers qu'ait jamais inspirés la ville des grands triomphes humains5 : « Tu es la reine, tu es la déesse et la maîtresse; tu as fait une seule patrie de nations innombrables ; de ce qui n'était qu'une cité tu as fait le monde 6. » A la date où ce Gaulois parlait ainsi, Rome avait déjà été prise par les Barbares, et un chef de Germains s'apprêtait à devenir roi dans la Gaule7. Mais dix siècles de confiance étaient plus forts sur les âmes que les misères du jour et les menaces du lendemain : Rome, pensait-on, imposerait sa loi aux successeurs du Goth Alaric qui l'avait ravagée8, ainsi qu'elle avait jadis vaincu et subjugué les héritiers du Celte Brennus qui l'avait incendiée 9.
L'Empire romain venait d'être divisé en deux parties ,0, l'Occident latin et l'Orient grec, et chacune d'elles avait un