‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 442 sur 473 · LES BARBARES DANS L'EMPIRE · texte numérisé non relu

LES BARBARES DANS L'EMPIRE

règne en règne. Chaque nouvel empereur avait accordé un peu plus aux étrangers de la Germanie : Postume et Probus n'avaient fait place qu'à quelques mercenaires *, le premier Constance avait eu un de leurs rois pour général 2, Constantin et Constance II avaient confié à l'un d'eux toutes leurs armées 3, puis leurs chefs étaient arrivés au consulat 4, et les plus ambitieux avaient déjà songé au diadème". Leur nombre n'avait fait que croître en même temps que l'orgueil de leurs chefs : aux quelques milliers de Francs enrôlés par Postume ou Probus et disséminés par eux dans les provinces 6, comparez leur multitude qui encombre le palais de Constance II 7 ou la formidable nation des Goths qui erre dans l'Empire de Théodose8.

Le danger de l'armée mercenaire est d'ailleurs plus grand pour Rome qu'il ne l'a été pour Carthage, et il l'est d'une manière différente. Carthage avait risqué d'être pillée, mais son Etat serait demeuré intact sur des ruines : car ses auxiliaires étaient des étrangers à son sol, ils avaient des patries, de lointains domiciles, où ils espéraient retourner et mourir, une fois gorgés de butin9. Les Barbares au service de Rome sont enracinés dans l'Empire : qu'ils y aient des foyers fixes comme les Francs Saliens 10, ou que leurs chariots leur servent de demeures, comme chez les Goths au jour de l'arrivée11, aucun d'eux ne songe à repasser le Rhin ou le Danube; ce qui fut la terre de leurs aïeux leur est devenue inaccessible ou insupportable,

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