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parce qu'elle est en proie aux misères de tout genre et que la vie dans l'Empire est une chose fort agréable. Il est désormais leur asile et leur résidence. Ne voyez-vous pas, disait un Romain à ses contemporains, que notre terre est maintenant le domicile attitré de tous les Barbares?1
Pas plus que les Chrétiens, ces Barbares ne détestent l'Empire. Ils s'y considèrent comme des citoyens, des sujets ou des serviteurs2. N'est-ce pas une indignité, pensait le Franc Silvain, que je ne puisse être consul?3 Pour acquérir un droit historique de cité, ces Germains se dirent les héritiers de Troie, les Francs, petits-fils de Priam4, et les Goths, ses petits-neveux ;i.
Ce n'en était pas moins pour le moment une noblesse d'emprunt et un civisme de façade. Ces arrière-cousins de Romulus portent toujours le nom de Francs, de Goths, de Germains et de Barbares; ils parlent la langue de leurs vrais pères à côté du latin de l'État6; ils ont des coutumes opposées au droit romain7; ils ont des façons d'agir qui répugnent aux
1. Zosime, IV, 59, 4 : 'H 'Pmjjiouiov ÈTuxpâxsia.... jïappàpwv otx7)T^pcov yiyovz (ceci dit à propos du règne de Théodose).