‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 451 sur 473 · V. — LE RÉVEIL DE L'ESPRIT MUNICIPAL EN GAULE · texte numérisé non relu

V. — LE RÉVEIL DE L'ESPRIT MUNICIPAL EN GAULE

A l'intérieur de la Gaule, rien n'avait été changé aux cadres municipaux que les temps de l'indépendance avaient légués à l'Empire romain 2. Que certaines grandes cités aient été démembrées, que par exemple Grenoble et Genève aient été séparées de Vienne, Angoulême de Saintes, Orléans de Chartres, la mesure était peut-être moins une rupture avec l'histoire et la terre, que la reconnaissance de coutumes régionales ou même le retour à de plus anciennes nations : je ne puis croire, par exemple, que Saintes et Angoulême, qui président chacune à une nature particulière du sol, à un pays d'allure propre, n'aient point commandé à deux peuplades distinctes dans les temps lointains de la Celtique, et que les derniers empereurs, en faisant de chacune d'elles le chef-lieu d'un municipe, n'aient pas simplement rétabli l'ordre de choses que la terre et le passé avaient provoqué3.

Capitale et territoire de ces diverses cités portent maintenant le même nom. Dans les cités du Midi, où la ville est plus ancienne et plus notoire, c'est elle qui communique son nom au district, et l'on dit ville et diocèse de Narbonne, de Bordeaux, de Lyon ou de Marseille. Au centre et au nord, le nom de la

1. Sur ces questions, en dernier lieu : Febvre, La Terre et l'Évolution humaine, 1922; PittanJ, Les Races et l'Histoire, 1924; tous deux dans la Bibliothèque de synthèse historique.

'. Cf. t. IV, ch. VIII. en particulier § 8 et 4.

'.i. Pour ces dédoublements, t. IV. p. 59"i-0.

Page 1