‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 457 sur 473 · LE RÉVEIL UE L'ESPRIT MUNICIPAL EN GAULE · texte numérisé non relu

LE RÉVEIL UE L'ESPRIT MUNICIPAL EN GAULE

L'autorité impériale a, dans une certaine mesure, contribué à renforcer l'esprit municipal. Ce titre de défenseur de la cité, qu'on va donner au magistrat supérieur, est une apparence, sinon une garantie, de plus de liberté et de plus de sécurité1. Il est très rare que les métropoles de cités ne soient pas des villes fortes, avec remparts, portes et tours 2 : et le fait d'avoir une ceinture de pierre, pour une ville de la Gaule chrétienne comme autrefois pour une ville de la Grèce indépendante, éveillait chez les hommes des sentiments de confiance ou de fierté, affirmait ou rehaussait la personnalité municipale.

Aussi, durant le siècle dont nous venons de raconter l'histoire, si les villes ont perdu leur richesse et leur population des années du Haut Empire, leur rôle moral et politique n'en a pas moins grandi; il leur est arrivé ce qui advient toujours aux agglomérations humaines en temps de misère ou de trouble3 : elles se sentent plus libres d'agir, et, au besoin, de gouverner. Trêves se défend à elle seule contre l'usurpateur Magnence4, que de son côté Autun vient d'acclamer5; et Paris, sous Constance II, se joint délibérément à l'armée de Julien pour offrir l'Empire au César des Gaules6. On dirait qu'il y a maintenant, chez quelques-unes de ces villes, le besoin de faire parler d'elles, la tentation de dire leur mot à l'heure des révolutions ou de se défendre elles-mêmes à l'heure des périls.

Nous aurions peine à comprendre ce demi-réveil de l'esprit municipal7, si nous ne regardions que la ville, souvent d'étendue médiocre et d'aspect misérable derrière ses hauts remparts. Mais la ville forte, Paris, Autun ou Trêves, est le chef-lieu, ou,

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