‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 458 sur 473 · Cf. après la mort de Néron, t. IV, p · texte numérisé non relu

Cf. après la mort de Néron, t. IV, p

7. II est entendu que je ne parle que de la Gaule, mais je trouverais des faits semblables dans le reste de l'Empire.

plutôt, le donjon d'un territoire et d'une population considérables1. En cette ville, c'est vraiment toute une province de France qui manifeste et exprime sa volonté. Elle concentre et elle résume la vie morale, matérielle et sociale des hommes et des terres de cette province. Elle renferme leur cathédrale et leur évêque, leur curie et leurs magistrats, leur marché et leurs maisons de commerce, leur citadelle et leur garde militaire. Elle est un lieu de rendez-vous pour les principaux maîtres du sol, les sénateurs illustres ou clarissimes, les porte-parole du génie latin, qui représentent les destins et les traditions du monde impérial, et qui, désertant Rome, habitent leurs domaines du Parisis,de l'Auvergne ou de la Bourgogne. Dans ces villes frondeuses ou vaillantes qui proclament un empereur ou repoussent un tyran, il ne faut pas voir seulement une foule agitée, une garnison indocile, quelques bourgeois aux velléités d'indépendance, mais aussi et surtout des chefs de l'aristocratie romaine, seigneurs terriens dans la cité, et déjà ses vrais maîtres2.

C'est grâce à cette aristocratie riche et lettrée que les cités delà Gaule, au quatrième siècle, entrent enfin dans la vie littéraire de Rome. Ausone décrira avec délices Bordeaux sa ville natale, la fontaine Divone qui la protège de son Génie, et les rues régulières et les portes symétriques et les remparts montant jusqu'au ciel 3, et puis, la Garonne aux cent voiles naviguant de conserve à l'heure de la marée, les coteaux où s'accrochent les pampres4, les vins ou les huîtres qui portent le nom de Bordeaux jusqu'à la table des Augustes6. S'il parle ainsi de sa ville6, c'est qu'il l'aime, c'est qu'il en est fier; et

1. Pour tout ceci, t. IV, p. 319 et s., 352 et s. Cf. ici, p. 217, 230.

2. Voyez, au siècle suivant, le rôle d'Ecdicius chez les Arvernes; en particulier Sidoine Apollinaire, Epist., III, 3.

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