VI. — LES FRANCS SALIENS
Parmi ces puissances locales de la Gaule, une déjà est au premier rang, celle des Francs Saliens.
Qu'on ne s'étonne pas de voir assimiler les Francs Saliens aux Éduens d'Autun ou aux Arvernes d'Auvergne, aux cent quinze cités qui se partagent alors le territoire de la Gaule. Sans doute, à la cour ou à l'armée des empereurs, beaucoup de Francs, soldats ou généraux, étaient originaires de la rive ultérieure du Rhin, de tribus germaniques indépendantes ou rattachées à Rome par une alliance intermittente1; et beaucoup d'autres avaient pour résidence officielle une cité quelconque de l'Empire, où ils tenaient garnison ou qu'il leur avait plu d'adopter comme domicile2. Mais le plus grand nombre, et en tout cas ceux sur la fidélité desquels on pouvait compter, qui étaient en quelque façon nés sujets et membres de l'Etat romain 3, étaient les Francs Saliens, héritiers de la cité des Bataves, possesseurs légitimés, des deux côtés du Rhin * et de la Meuse, de l'île de Betuwe et des terres de Toxandrie6.
Peu importe que ce territoire ne se présente plus sous le nom de cité ou civitas, que l'organisation municipale n'en soit pas achevée, qu'il ne possède pas une ville maîtresse au centre d'un district rural6, qu'il n'ait pas un évêque ou une curie à la façon romaine, mais des anciens, des princes ou un roi à la façon barbare7 : il n'en est pas moins une région déterminée de la