‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 462 sur 473 · LES FRANCS SALIENS · texte numérisé non relu

LES FRANCS SALIENS

Gaule et de l'Empire, au même titre que celles des Arvernes, d'Autun ou de Lyon.

Peu importe encore que ces Francs se disent Francs et non pas Romains1, qu'ils aient une loi, la loi salique, distincte de la loi romaine, qu'ils s'estiment alliés et non citoyens de l'Empire : ils n'en appartiennent pas moins à cet Empire et à la Gaule, à la manière dont leur avaient jadis appartenu la cité libre de Marseille grecque ou le royaume alpin de Cottius 2.

Seulement, ce royaume municipal des Francs Saliens porte en soi des germes de force et d'ambition qui avaient manqué à Marseille ou à Cottius, épaves de libertés disparues.

D'abord, il a ou il aura bientôt un roi3; et si ce titre, à l'époque des premiers Césars, était tombé en discrédit sous la gloire nouvelle de ceux d'Auguste et d'empereur4, il tendait depuis Dioclétien à reprendre faveur dans l'esprit des hommes, et l'on ne se privait plus de le donner même aux maîtres de l'Empire5. Un roi des Francs Saliens s'estimait sans doute un très petit personnage par rapport à l'empereur; mais il devait mépriser les défenseurs ou les magistrats des villes voisines, et peut-être aussi les gouverneurs de sa province.

Puis, ce district des Francs Saliens est, lui, une cité toujours en armes. Tandis que Paris, Marseille, Éduens ou Arvernes ne présentent que des bourgeois pacifiques, des rhéteurs lettrés ou des sénateurs opulents, les Francs Saliens sont avant tou une patrie guerrière, et l'on n'y est citoyen qu'à la condition de savoir combattre, ainsi que chez les Grecs de Marseille6 ou chez les Éduens de Bibracte au temps de l'indépendance 7. A ce

l 1. Encore ne suis-je point sûr qu'un Franc Salien ne se soit pas dit civis Romanus; t. VII, p. 43, n. 2.

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