P. 89, n. 2 et
Le Franc Arbogast l'avait déjà été sous Théodose; le Franc Silvain avait failli l'être sous Constance II. Mais l'uni et l'autre avaient échoué misérablement, parce qu'ils portèrent tout de suite leurs visées vers l'Empire, parce qu'ils partirent, pour réaliser leurs rêves, non pas d'un terroir de Gaule, mais d'une intrigue de palais1. Si Clovis réussit, c'est parce qu'il fit partir sa conquête du royaume natal des Saliens, solidement campé à l'angle de la Gaule, et c'est qu'il ne porta point sa royauté franque au delà d'ambitions gauloises2.
En même temps que le nom franc s'affirmait en Gaule, le nom de Gaule se réveillait dans l'Empire. L'un et l'autre montaient ensemble à l'horizon des hommes; et l'on pouvait prévoir que le jour où ils s'uniraient, une nation vigoureuse naîtrait en Europe, héritière ou rivale du monde romain, pareille à celle que les Celtes, mille ans auparavant, avaient constituée dans l'Occident ligure4. A un millénaire de distance, les énergies physiques que la nature avait disposées sur la terre de France5, et les accords sociaux, les ressemblances de vie et