T. IV, ch. XV; cf. ib., p
le centre d'une vaste préfecture du prétoire et d'une puissante maîtrise militaire1, « la métropole des Gaules », comme écrivait le grand Athanase 2.
Tout ce qui s'est produit en ce siècle romain à la vie étrange et profonde, préludait à quelque chose de l'avenir, tout en ressuscitant quelque chose du passé. Maximien et Valentinien, surveillant la frontière de leur palais de Trêves3, annoncent Charlemagne, guettant de sa chapelle d'Aix les passages du Rhin ; et quand, délaissant Trêves pour quelques années, l'empereur s'arrête en une autre ville, Julien, résidant à Paris et vainqueur des Alamans à Strasbourg4, annonce Clovis, lui aussi victorieux près du fleuve sur ces mêmes Alamans et lui aussi choisissant Paris pour siège de son royaume de Gaule s.
A l'État romain la Gaule rendit au centuple ce qu'elle recevait de lui. C'est parce qu'ils se conduisirent d'abord en empereurs de Gaule que, depuis Maximien jusqu'à Eugène, les Augustes de Trêves ont pu sauver l'Occident ou conquérir l'Empire.
Les uns, appuyés sur le sol de la Gaule et faisant du Rhin un fossé infranchissable, ont évité au monde latin un retour offensif des Barbares. Les autres, soutenus par la fidélité de cette même Gaule, n'ont pas tardé à devenir les maîtres de l'Occident, et quelques-uns même les maîtres de l'univers. Pas une seule fois un César d'Italie n'a réussi à s'installer par la conquête de ce côté des Alpes, et, sauf en un jour dans tout ce siècle6, c'est de Trêves, d'Arles, d'Autun ou de Paris que Rome a vu venir son souverain7. La Gaule, en tant que partie de
1. T. VII, p. 43, p. 56 et s., p. 113, p. 241 et s., p. 248 et s., 276-7, 293, p. 310, n. 3.
2. Sans doute vers 357-358, au temps de Constance II, et cela, je crois , en dehors de toute pensée d'organisation ecclésiastique (ici, p. 306, n. 2).