‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 469 sur 473 · T. VII, p. 107-109, 152, 226 et · texte numérisé non relu

T. VII, p. 107-109, 152, 226 et

l'Empire romain, semblait prendre sa revanche des victoires de Domitius et de César. — Mais en la traitant de nouveau en vaincue, en privant d'un empereur la ville de Trêves et la frontière du Rhin1, Théodose préparait à l'Empire de nouveaux et pires désastres, et il avançait l'heure où la Gaule ferait sa destinée de ses propres mains.

Car il était dès lors avéré que, par tradition acquise depuis plus d'un siècle, par sentiment de leur intérêt, par amourpropre de leur nom, les Gaulois n'obéiraient jamais à un empereur qui ne serait pas chez eux ou qui ne viendrait pas de chez eux. Il faut à la Gaule un chef qui soit à elle, disait-on alors2 : si on ne lui donne pas un prince légitime, elle acceptera un usurpateur. Constantin ou Constance II, malgré leur orgueil effréné, l'ont confiée à leur principal héritier, Crispus ou Julien3. De toutes les contrées de l'Empire, au quatrième siècle, c'est la Gaule qui a connu le plus de coups d'État et qui a produit le plus de prétendants : Magnence, Silvain, Julien, Maxime, Arbogast, chaque génération de Gaulois a eu son jour de révolte et sa crise politique4.

Comme le reste du monde, à côté de la Gaule, paraît terne et silencieux! L'Orient ne vit qu'un seul usurpateur, et pour quelques mois à peine5; l'illyrie est le plus souvent fidèle aux empereurs légitimes; Rome et l'Italie ne savent plus créer un Auguste ; l'Espagne demeure dans une passivité qui fait des siècles romains la plus triste période de son histoire politique fi; la Bretagne7 et l'Afrique s'agitent on convulsions sans unité. Seule, la Gaule paraît vivre d'une vie forte et vouloir d'une volonté commune.

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