‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 68 sur 473 · MANUFACTURES, ENTREPÔTS ET POSTE D'ÉTAT · texte numérisé non relu

MANUFACTURES, ENTREPÔTS ET POSTE D'ÉTAT

était attaché, postillons, voituriers, domestiques, magasiniers, et sans doute soldats de garde * et police de sûreté, sous les ordres d'un maître de poste ou d'un prévôt des magasins 2, lequel n'était pas un médiocre personnage 3. La plupart de ces constructions avaient fini par devenir, à cause de l'insécurité des routes, de véritables châteaux forts, entourés de murailles, et qui gardaient les chemins de l'Etat aux points les plus utiles : une voie d'Empire, au quatrième siècle, ressemblait un peu à une ligne de frontière 4. (lela n'empêchait pas qu'on ne pût trouver dans quelques-unes de ces auberges publiques tout le confort désirable : de hauts fonctionnaires s'y arrêtaient souvent5, et il fallait même prévoir qu'elles recevraient l'empereur6, et que, du fait de son arrivée, l'hôtellerie devint palais7. Aussi prenaitelle souvent l'allure d'une basilique, d'une bourse de commerce ou d'une chambre de justice8; lé gouverneur y descen-

1. Voyez, mais sous les Antonins et à la frontière (Dessau, 8909 et 9180), le numerus burgariorum et veredariorum, ce qui indique un lien très net entre le soldat du burgus et le courrier.

2. Prœpositus mansionis (Code Théod., XII, 1, 21). à côte duquel fonctionne un prœpositus horreorum(\\\,Q, lois 5, 8 et 24). J'ai peine à croire que les deux charges ne se soient pas souvent confondues.

3. Ce sont d'ailleurs, en principe, des fonctions municipales (celaa varié suivant les temps et les provinces: cf. G. Th., XII, 6, 33), mais très sévèrement surveillées par l'autorité 'impériale.

4. Cf. p. 221, n. 7. Cela a été bien noté d'abord par Hettner dans la région trévire; Die Rœmisclien befesttgten Monsionen, dans Westdeutsclw Zeitschrift. X, 1891, p. 284 ets.

5. De là, le nom de prœtorium donné souvent à ces gites: cf. le commentaire de Godefroy, I, p. 51. Prœtorium sur la route de Clermont à Limoges (Table de Peutinger; t. V, p. 92), qui doit très certainement être cherché dans Sauviat; Prœtorium Agrippinœ sur la grande route de la Germanie Inférieure, de Leyde à Nimégue (t. IV, p. 129, n. 5; t. V, p. 99).

(i. Prœtorium Agrippinœ, n. 5; les villas où a résidé Valentinien, t. Vil, p. 238, n. 2 et •"), p. 245, n. 1. Ici, n. 7.

7. De là, le nom de palatium qu'on a pu lui donner (cf. p. 54, n. 5). — Les plus grandes précautions étaient prises pour protéger contre les usurpations de logis les pièces réservées à l'empereur dans les stations postales, sacrœ domus ou palatin nostra in mansione (C. Théod., VII, 10, 1). 11 est d'ailleurs probable que si l'empereur descendait dans une villa ou une mansio qui ne fût pas aménagée par avance pour le recevoir, elle de venait de fait un palatium pendant son séjour ; cf. Ambroise (De obitu Valentiniani, § 24, P. L., XVI, c. 1366): Litlerœde instruendis mansionibus, invectio ornamentorum regalium, aliaque ejusmodi quœ ingressurum iter imperatoreni significarent.

8. De là, le nom de basilica qu'on trouve en toponymie sur les vieilles routes romaines, et qui peut parfois rappeler un local public (cf. p. 54, n. a) aussi bien

dait J, et il y tenait ses plaids, auxquels accouraient les gens de la campagne voisine2. Dans un endroit réservé de l'édifice, on conservait les étalons des poids et mesures 3. C'étaient, au beau milieu des terres, souvent en des endroits fort sauvages *, de petits centres de vie et de bruit 5, des embryons de bourgades; et plus d'un très gros village, dans la France d'aujourd'hui, n'est autre que l'héritier d'un caravansérail d'empereur romain6.

L'organisation de ces magasins et de ces auberges était sans doute rattachée à celle de la poste7, laquelle était le plus important peut-être des services administratifs, et, pour cela, placée

qu'un oratoire chrétien de route (cf. p. 318. n. 1 ; le mot est devenu Bazoches, Bazoges, Bazouges, etc.). Il est possible, d'ailleurs, que basilica fût également parfois l'équivalent grec de palatium (cf. t. VII, p. 244, n. 3, ici, p. 54, n. 5).

1. Ce qu'indique bien d'ailleurs l'expression de prxtorium; p. 53, n. 5.

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