T. VII, p. 222 et
12. PoUstatum civiliam militlœque rectorex; Ammien, XXV, 1, 3. C'est un conseil de in<'me espèce qui impose Valentinien II à Gratien; t. VII, p. 275, n. 4.
time, si la victoire complète les acclamations; et Maximien ou Théodose eux-mêmes ont accepté comme empereurs Carausius ou Maxime, tant qu'ils ont douté de pouvoir les vaincre1. La souveraineté impériale ne reposait que sur le droit du plus fort.
Ce pouvoir, si matériel qu'il fût à son origine, n'en demandait pas moins aux antiques superstitions une investiture qui lui conférât une sorte de valeur religieuse et d'essence divine2.
Trois conditions étaient nécessaires pour qu'un homme se transformât en empereur : sa proclamation comme Auguste par l'assistance3, le manteau de pourpre placé sur ses épaules4, le diadème posé sur sa tète3. Le monde attribuait de plus en plus une portée souveraine à cet insigne, à cette couleur, à ce mot : ces trois choses avaient pour lui une action magique. Qu'un riche Gaulois d'Aquitaine, au cours d'un grand repas, laisse tendre une tapisserie qui ressemble à un manteau de pourpre : l'empereur Constance II voit aussitôt en lui un candidat au pouvoir, et il le traite comme tel6. Lorsque Ursicin vint à Cologne pour réprimer la révolte du Franc Silvain, il dut cependant s'incliner d'abord devant lui pour baiser dévotement la pourpre de l'usurpateur7. Julien ne sera vraiment un empereur que lorsqu'un soldat lui aura fait un diadème avec un collier militaire8. Sur la brutale réalité de la force, les hommes jetaient l'enveloppe de leurs plus vieux rites. Et le chef vainqueur devenait idole.