XIII. — FONCTIONNAIRES ET BUREAUX
Au réseau des routes qui portaient les ordres de l'empereur correspondait le réseau des fonctionnaires qui les exécutaient. Depuis qu'Auguste avait fondé le régime impérial, quatre siècles auparavant, le nombre des fonctionnaires s'était accru dans des proportions inimaginables. Le régime voulait la chose : le double système de la monarchie et du despotisme d'Etat ne pouvait traverser les âges qu'en se laissant encombrer, à chaque génération, par de nouveaux services et de nouveaux serviteurs; et c'est pour le pouvoir absolu comme une manière de vivre et de durer, que de donner sans cesse naissance à des agents d'exécution, à des créatures qui viennent de lui et lui rapportent tout. L'Empire d'autrefois, à de certains égards, avait ressemblé à une fédération de provinces, et la province à une fédération de cités : la Gaule Chevelue, par exemple, groupait à Lyon les prêtres de ses soixante peuplades pour apporter leurs hom-