Cf. t. VII, p
4. Cf. pour Clovis, p. 20, n. 2. Et voyez les Variarum de Cassiodore.
vivant comme ils le sont dans les annales, ces anonymes étaient d'ordinaire les maîtres de la Gaule.
Il fallait en effet des bureaux au courant des affaires pour suppléer à l'inexpérience de certains chefs. Le choix et l'avancement des hauts fonctionnaires étaient en principe soumis à quelques règles : la préfecture, par exemple, était réservée à ceux qui avaient passé par les gouvernements de provinces et les secrétariats d'Etat1; et l'on n'était entré dans cette carrière administrative qu'après avoir fait d'assez longues études dans les grandes écoles2. Mais ces études3 servaient plutôt à former des poètes et des rhéteurs que des administrateurs ou des juges; et le bon plaisir du prince ne tenait point toujours compte des échelons de la hiérarchie*. Les meilleurs empereurs, ou du moins les plus instruits et les plus aimables, commettaient, en fait de nomination, d'étranges bévues. Julien tenait à ne choisir pour gouverneurs que de bons orateurs ■' : voilà qui est singulier, pour une époque où il n'y a ni parlement ni conseil, et où tout devrait se décider par la réflexion et l'acte. Le môme Julien fera du rhéteur Mamertin, en une seule année, un comte des Largesses, un préfet du prétoire et un consul; et Mamertin, tout en remerciant le prince, n'est pas loin de s'étonner de ses promotions comme d'un scandale". Ausone,