‹ Histoire de la Gaule (volume 3)Chapitre 75 sur 473 · Adjutores, chez le préfet · texte numérisé non relu

Adjutores, chez le préfet

6. Singulares ou singularii, qui est l'expression courante dans la Notitia ; ce sont les apparitores des textes (Not., 7, 117). Sur leur rôle, cf. p. 31, n. 8, p. 35, n. 5, p. 40, n. 2.

7. Celle des officiâtes. Cf. C. Théod., VIII, 7, De diversis officiis, et le commentaire de Gudefroy. Il y a même une tendance à l'hérédité (loi de 397. ib'nl., 19).

8. Not., Occ, 36, 7 (principem ex offeio magistri pedilum : il semble que ce soit chaque année): 37, 31, et 41, 27 (une année sur deux; l'autre année, le princeps est iMivnvé par le magitter equitum. du palais). Ailleurs, ce sont le numerarias et le commentariensis qui sont toujours, semper, envoyés par le bureau central de l'armée (41, 28 et 29). Mais il arrive aussi que le princeps soit pris sur place, exeodemeorpore (38, 11). On n'aperçoit pas les motifs de ces différence?, qui résultent peutêtre de ce que le rédacteur de la Notitia a mis tantôt l'état de Tait, et tantôt l'état de droit (cf. p. 14, n. 3). Voyez les hésitations de Mommsen, Princeps officii aaens in rêbm, dans Ges. Schr., VIII, p. 474 et s. (écrit en 1884); à rapprocher des études de Marcbi. // Princeps ofjicii e la Notitia (dans les Studi giuridici in onore di Fadd», V, 1906, Naples, p. 379 et s.), et d'Ernst Stein, dans ia Zetischrift der JSavigny-Stijtang, Rom. Abth., XLI, 1920, p. 195 et s.

FONCTIONNAIRES ET BUREAUX. b9

sien au maître des Offices d'Empire1. On s'arrangeait sans doute pour ne donner celte charge de chef, dans les provinces, qu'à des hommes de carrière, rompus au métier, qui avaient été subalternes du prétoire ou de l'état-major à Trêves ou à Milan avant de devenir directeurs des services à Reims ou à M a yen ce 2.

Ne disons pas que c'est nous occuper de détails secondaires cl d'êtres anonymes. La vitalité, la stabilité de l'Empire, sont, pour une grande part, venues de ses bureaux, plus enracinés encore sur le sol de la terre que la sainteté d'un Auguste. Ce sont eux qui expliquent le maintien de l'équilibre et des traditions au travers des plus longues crises1. (Test grâce à eux, au siècle suivant, que le pouvoir passera dans la Gaule, sans violentes secousses, des empereurs aux rois barbares*. On doit comparer leur action à celle des bureaux de l'Ancien Kégime, dont héritèrent la dévolution et ses ministères ou ses départements, et qui, dans la plupart des circonstances, surent maintenir sans à-coup et sans hiatus le mécanisme de l'autorité publique. Le malheur est que, pour ces subalternes du pouvoir, — je parle de ceux de l'Empire romain et de ceux de 1781), et je songe aussi à ceux de maintenant, — l'historien est court de faits et de noms. Il voit empereurs et ministres, qui ne font que passer et aussi que parler; il ne voit pas directeurs et chefs de bureaux, qui dirigent les affaires et manœuvrent la vie courante. Ces anonymes, et ils le furent sans doute de leur

i. Principem de scinda agenlum in rébus ex ducenariis, les agentes dépendant du mnilre des Offices (p. 16) : ceci est de règle pour les vicaires (Oce., 22, 41; etc.). Le princeps des gouverneurs parait tiré du bureau du préfet pour les provinces consulaires (Occ, 43, (i). du bureau même pour les autres ( ii, 7; i.'i, 7; cf. p. 26, n. 2). Mais il peut y avoir des négligences dans le document: cf. Mommsen. p. 478.

2. Il est évident, d'après les indications de la Notitia, que la question du princeps était primordiale dans ces bureaux. C'était en fait un très haut personnage, et le princeps du prétoire, par exemple, pouvait devenir un arbitre des choses publiques (Ammien, XV, 3, 8). Aussi comprend-on qu'on désirât ne le nommer que pour un an (p. 58, n. 8).

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