Code Théod., I, 29, 6; cf. Code Just
6. Cf. ex voluntaria tua bonitate pour Constantin; Paneg., VIII, 9.
7. Voir le massacre de Thessalonique par Théodose en 390 (Théodoret, V, 17), des notables d'Antioche par Gallus en 353 (Ammien, XIV, 7), etc.
religieuse : quelque grande que fût la part de César, l'Eglise faisait plus grande la part de Dieu. Au-dessus du droit du prince, elle mettait le devoir du fidèle1.
Quelques prêtres eurent le mérite de le proclamer devant les empereurs. Hilaire et Martin leur dénièrent le pouvoir d'imposer la foi par le glaive2. Ambroise leur rappela que le prince était tenu de recevoir l'évêque seul à seul et de l'entretenir presque d'égal à égal3. Martin, à Tours, protesta contre les violences d'un commissaire impérial et fit tomber les chaînes des accusés4. Et si le patriotisme municipal va grandir d'année en année, c'est que les cités, à côté de leurs défenseurs, auront les tombes de leurs saints et les paroles de leurs évêques5.
Mais, pour que les progrès de la foi et les conquêtes de l'Eglise apportent aux hommes plus de liberté, il faut que les empereurs comprennent les devoirs de cette foi et la majesté de cette Eglise; et il faut aussi que les prêtres de cette Eglise comprennent la valeur sacrée de la liberté humaine et n'aient rien à demander au pouvoir des empereurs ou à la main de leurs soldats. Ceux qui, à Trêves, avaient assisté aux honteux et sanglants accords entre les évêques et l'empereur Maxime 6, étaient en droit de douter que la cité de Dieu garantirait un bonheur plus grand à la cité des hommes.