XIII.- CONSÉQUENCES DE LA BATAILLE POUR LA GAULE
Le reste de la journée et la journée suivante furent consacrées à égorger ou à prendre ce qui restait-. On tua plus de cent mille hommes, on fit près de cent mille prisonniers % peut-être davantage, si Ton compte les femmes et les enfants. Beaucoup périrent de leurs propres mains : trois cents Germaines, sans doute les prêtresses*, acceptèrent de se rendre si on faisait d'elles les esclaves des déesses et non pas des hommes; sur un refus, elles s'étranglèrent '. Il ne s'échappa que quelques cavaliers, chefs ou autres. On les traqua. Une troupe put s'enfuir le long du Rhône ; elle allait s'évader par le Rhin : les Séquanes la capturèrent et l'expédièrent au vainqueur ^ Parmi les fugitifs qu'on saisit fut un roi des Teutons, peut-être le chef de guerre de la horde, Teutobod : c'était un homme d'une taille et d'une force . surhumaines, qui fatiguait jusqu'à six chevaux dans une bataille '. Près d'Aix, une jonchée continue de cadavres recouvrait la plaine et le lit de la rivière ^ Des milliers de prison-
1. Orose, V, 16, 11; Plut., il/., 21; et, pour les textes mentionnant la bataille, p. 82, n. 3.
2. Frontin, H, 0, 1 : ce qui explique peut-tHre le quarto die d'Orose (p. 84, n. 6).
■■L Plus de 100 000 morts ou prisonniers, Plut., .1/., 21; cf. Polven, YIII. 10, 1; 200 000 morts, 80 000 prisonniers, 3000 survivants, Orose, V, 10, 12, Eutrope, V, i, et Jérôme, p. 133, Sehœne; plus de laOOOO morts, Velléius, II, 12, 4; 200 000 morts, OOOOO prisonniers, Tite-Live, Ep., 08.