LA BATAILLE D AIX
qui dominaient son campement. A l'heure du combat, il interviendrait '.
Au matin d'une tiède journée d'automne-, Marins envoya ses cavaliers dans la plaine, et rangea ses légions, devant le camp, en ordre de bataille. Les Teutons acceptèrent joyeusement le combat, et, sans attendre l'attaque, ils montèrent à l'assaut de la colline. Le consul les laissa gravir les premières pentes, et, quand ils furent à portée, commanda le jet du javelot, puis la charge à l'épée. La double manœuvre produisit sur les Germains l'effet rapide et meurtrier qui avait déjà ruiné tant d'armées gauloises ^ Le désordre se mit dans leurs rangs, et, sur ce terrain en pente, ils ne purent garder l'équilibre de combat. Ils reculèrent, mais, à peine arrivés en plaine, ils savaient reformer leurs rangs*. A la différence des Celtes, le premier choc ne les abattait pas, et l'affaire s'annonçait terrible. C'est alors que Marcellus fit débusquer ses hommes par derrière, en poussant de longues clameurs. Les dernières lignes se débandèrent, le désarroi gagna de proche en proche'. On était aux heures les plus chaudes de la journée^ : les Germains ne pouvaient lutter à la fois contre le soleil, le trouble
1. Plut., il/., 20 : "Hffav yàp kv. xecpaXr,; tùv papêâptov vaTtat irEpty.Xivsr; [les collines à l'est d'Aix'?] xal xaTâa/.ioi Spuiioï; aj/ûve; [les vallons boisés qui, à l'est, aboutissent aux ruisseaux de la Torse et des Pinchinats?], etc.; Polyen, VIII, 10, 2 : 'Ev "jTt(i)p£:ai; àvwjxâXo'.c... 8i' àpâxwv ôpwv. Marcellus a pu faire le tour par Meyreuil, Tholonet et le vallon de la route de Yauvenargues. Il est possible qu'il ait rejoint Entremont et le castcllum d'Aix (cf. p. 81, n. 7). — Fronlin (II, 4, 6) raconte que pour donner au détachement un aspect plus imposant, on y ajouta agasones lixasque armatos.
2. Cf. Orose, V, 16, 11. Je placerais volontiers la bataille en septembre, avant les grandes pluies {M., 21) et après les élections consulaires (M., 22), qui avaient lieu en ce temps-là quelquefois en novembre (p. 69, n. 3), mais qui ont pu être avancées à cause du départ de Catulus pour les Alpes (p. 78). Remarquez le rôle joué par la soif et la chaleur chez les deux adversaires dans les préliminaires de la bataille (Plut.. M., 18 et 19). Cf. Pais, Riv. di storia antica, n. s., V, 1900, p. 185!