‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 110 sur 776 · XIV. — LA BATAILLE DE VERCEIL · texte numérisé non relu

XIV. — LA BATAILLE DE VERCEIL

Mais pendant ce temps, l'Italie était enfin envahie par les Cimbres.

Les Cimbres avaient accompli autour des Alpes une marche extraordinaire. Ils avaient traversé la Suisse et le Tyrol, et s'étaient engagés sur le col du Brenner*. L'hiver qui survint ne les arrêta pas -. Ils montèrent et ils descendirent sans peur ces routes étroites, ardues et interminables de l'Europe centrale avec leurs femmes, leurs enfants, leurs chiens, leurs chevaux de guerre, leurs bêtes de somme et leurs chariots ^ Ils étaient encore trois cent mille hommes *. Beaucoup étaient morts depuis près de vingt ans qu'ils avaient quitté leur patrie, mais des enfants étaient venus parmi eux, de nouvelles générations se groupaient autour des rois. Au-devant de la multitude s'avançaient l'élite des quinze mille cavaliers, étincelant sous le métal de leurs cuirasses, les panaches de leurs casques et la blancheur de leurs boucliers^

Le général romain, Gatulus, n'essaya pas de défendre le passage des Alpes ^ Il attendit l'ennemi aux abords de Trente,

1. On ne peut, je crois, douter qu'ils n'aient pris la route du Brcnner, de l'Adige est de Vérone : 1° le nom du fleuve : 'ÂTtjùva (ace), chez Plut., M., 23, elApophthemala, p. 202 d\ AlUesiin, chez Tite-Live, Ep., C8; Val. -Max., V, 8, 4; Florus, I, 38, 12; ce nom ne peut convenir qu'à l'Adige; 2° la description de la route, glaces, rochers, neiges épaisses, pont au passage important (Plut., 23), convient ù l'Adige avant Trente ; 3° les textes formels de Florus (I, 38, 11 : Tridenlinis jugis), d'Ampélius (22 : In sallu Tridenlino; 45, 2 : Tridenlinas Alpes), de Frontin (IV, 1, 13 : Saltu Tridenlino). — Il nous parait donc difficile de comprendre pourquoi l'on a proposé, contrairement- à l'opinion courante : 1° le col de Predil dans les Alpes Juliennes (Atlœsis pour Naliso, le fleuve d'Aquilée), Pais, Studi slorici, I, fasc. 1 et 2, 1802; il a renoncé à son opinion, Rivisla di storia anlica, n. s., V, 1900, p. 185 et suiv. ; 2° le col du Siniplon {Athesis pour Alosa, la Toce, affluent du lac Majeur), très ancienne opinion, maladroitement reprise ces derniers temps.

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