‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 111 sur 776 · LA BATAILLE DE VERGEIL · texte numérisé non relu

LA BATAILLE DE VERGEIL

pour lui disputer celui de l'Adige'. Un pont réunissait les deux rives. En avant du pont, sur le bord ultérieur, il avait construit une forte redoute, défendue par une troupe d'élite; en arrière, sur le bord d'en deçà, étaient le camp et le gros de l'armée. Mais alors les Romains virent un spectacle prodigieux, le plus émouvant de cette guerre inouïe. Les Cimbres se déchaînèrent, pareils à une trombe, sur la route, sur le pont, l'armée et la rivière même. Les uns faisaient flotter dans l'Adige des arbres entiers, qui allaient heurter et secouer les piles; d'autres y précipitaient des quartiers de roches pour bâtir un nouveau pont ; et on en voyait qui du haut des cimes neigeuses, assis sur leurs boucliers comme sur des traîneaux, glissaient vers le chemin le long des précipices. On eût dit qu' « ils arrachaient les montagnes, ainsi qu'avaient fait les Titans » ^ L'armée romaine perdit son sangfroid; pour échapper au désastre, Catulus fit lever les aigles'. Il risqua d'abandonner à l'ennemi la garnison de la redoute. Mais, comme elle se battait fort bien, les Cimbres lui accordèrent la vie à de bonnes conditions, qu'ils jurèrent sur leur taureau de bronze* (janvier 101?^). — Les pires journées de la longue lutte commencèrent pour l'Italie. On dut abandonner le bas pays au nord du Pô, la Vénétie et la Lombardie même. D'Aquilée à Verceil, les Cimbres pillèrent toute la campagne, se gorgeant de vin et de victuailles, emplissant leurs chari.ots d'objels précieux ^ Comme dans la Gaule livrée aux Teutons,

1. Que l'affaire se passe près de Trente (à Lavis?), cela résulte des textes cités p. 88, n. I, p. 89, n. 4. — Rivoli, d'après Sadée, Bonner Jahrbûcher, 1909, p. 100 et s.

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