et
CONSEQUENCES DR LA GUERRE POUR L'IilSTOlRH UE ROME. 03
n'avaient enlevé ni Aquilée, ni Narbonne, ni (jcrgovio, ils n'eussent certes pas réussi là où Ilannihal avait échoué.
Mais les dangers comptent moins pour leur portée réelle que pour la crainte et les légendes qu'ils ont inspirées. Du péril cimbrique Rome avait conclu deux choses : l'une, que les peuples du Nord ne la laisseraient jamais en repos; l'autre, que les Alpes ne suffiraient pas à protéger l'Italie, et qu'en revanche, la province avancée de Gaule l'avait garantie contre les premières attaques. Ces pensées et ces formules ne disparaîtront plus de sa vie politique. Elles fourniront aux proconsuls et aux empereurs des prétextes pour s'avancer toujours plus loin, prendre des terres et attaquer des peuples*. L'invasion des Cimbres et des Teutons servira à justifier toutes les guerres transalpines, comme le danger d'Hannibal avait amené la conquête du mondv*, méditerranéen *.
1. Cic, Deprov. cons., 13-14, 32-34; César, De b. G., I, 33, 4. Ici. p. 224 et 321.