‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 118 sur 776 · I. — CONDITION LÉGALE DE LA PROVINCES · texte numérisé non relu

I. — CONDITION LÉGALE DE LA PROVINCES

Durant les années des guerres cimbriques, les peuples gaulois et l'Empire romain avaient vécu de communes destinées : ils coururent des périls semblables, les défaites des légions livrèrent les Celtes à la ruine, et leurs victoires les sauvèrent de l'invasion. Après Verceil, l'histoire de Rome se sépare de celle de la Gaule, la Celtique indépendante et la Province du Midi vivent à part l'une de l'autre, et leurs intérêts deviennent chaque jour plus différents.

Les Teutons vaincus, les Romains se retrouvaient maîtres dans leur province. A dire vrai, c'était la première fois, en l'an 101, qu'ils jouissaient en toute sécurité de leurs conquêtes traus-

1. Des Ours de Mandajors, p. 122 et suiv. ; Histoire générale de Languedoc, 2' éd., I, p. 197 et suiv.

2. Person, lissai sur l'administration des provinces romaines sous la République, 1S77 ; Mar'iuardt, Staulsuerwaltung, I, 2° éd., 1881, p. 261 et suiv., etc.; Mommsen, Slaalsri'chl, III, I, 1887, p. 045 et suiv.; Bourgeois, Quomodo provinciaruin Iloinanariim ... condilio, etc., Paris, 188.") (llièse); Arnold, Tlie Koinan System of provincial adminislralion, 2' éd., Oxford, 1900.

nON'DlTION LKdALI^ DE LA PROVINCE. S'

alpiiios*. Depuis un (juart de siècle qu'ils avaient franchi lt'> montagnes, ils avaient eu presque toujours des ennemis à combattre, indigènes ou germains. La victoire de Marins donna une dernière consécration à l'œuvre de Fabius et de Domitius ; l'Italie pouvait enfin exploiter ses nouveaux domaines.

L'autorité de Rome s'étendait sur les grandes peuplades gauloises du Midi'^ : à l'ouest du Rhône, les Volqucs du Languedoc et les Helviens du Vivarais; à l'est, les AUobroges du Dauphiné, les Voconces de la Drônie, les Cavares du Comtat, les Tricores du Gapençais' et les Salyens de la Provence. Les tribus des Alpes et les Ligures du littoral* ne furent point, semble-t-il, annexés à l'Empire. 31ais les communications avec l'Italie n'en étaient pas moins assurées^ : sur le rivage, les indigènes avaient ordre de se tenir éloignés de la mer®; le long de la Durance, des contrats ou une crainte salutaire laissaient libres les passages du Genèvre et du Genis ^

Rome, selon la coutume antique, ne supprima aucune des nations conquises : à toutes, elle laissa leurs noms, leurs limites, leur existence matérielle et sacrée, aussi bien aux AUo^ broges qu'elle avait pris de force, qu'aux Volques qui s'étaient soumis d'eux-mêmes. Les conditions du pays vaincu ne furent bouleversées qu'à Narbonne : là, il fallut exproprier en masse

1. C'est la seule chose qui justifierait l'Iiypothèse, faite en dehors de tous les. textes, que la Gaule Transalpine n'aurait été org-anisée en province qu'en l'an 100, par Marius, consul pour la sixième fois (Zumpt, Sludia Romana, p. 25).

2. Cette extension résulte, entre autres, des textes de César, De b. G., I, 10, 5; VII, 8, 2; 111, 20, 2.

3. L'incorporation, de ce pays à la Province n'est pas hors de doute ; il est fort possible que les Albici de Riez, peut-être vassaux ou clients de Marseille (cf. César, De b. c, I, 34, 4 : Albici, qui in eorum fide [des Marseillais] antiquitus erant), soient, restés indépendants. Sur tous ces peuples, cf. t. II, p. 303-519, p. 460-2.

4. Ces derniers furent placés peut-être dans la vassalité de Marseille ; cf. p. 34.

5. Marius, par exemple, paraît avoir rencontré, en venant en Gaule par les. Alpes (cf. Plut., M., 13 et 15), moins d'ennuis que César (cf. p. 202).

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