‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 127 sur 776 · II. — LE GOUVERNEMENT DE LA GAULE AU TEMPS DE MARIUS ET DE SYLLA · texte numérisé non relu

II. — LE GOUVERNEMENT DE LA GAULE AU TEMPS DE MARIUS ET DE SYLLA

Ceux qu'elle eut après Mariusnous sont à peu près inconnus ^ Nous ignorons presque tout des commencements de la Gaule romaine, de ces années les plus critiques de sa vie, celles où se dessinent chez les maîtres les règles générales d'une politique et chez les sujets les premières habitudes du régime de l'obéissance.

A de certains indices, on dirait que Rome veut se montrer libérale envers les vaincus et les amener peu à peu à la jouissance des droits souverains : des chefs helviens, en 83, reçurent le titre de citoyen romain ^ Mais d'autres détails révèlent que toutes les peuplades n'ont point renoncé à l'espoir de l'indépendance : les Salyens se révoltent vers 90 *, d'autres en 83 ^ Comme les uns et les autres de ces faits peuvent être des exceptions, j'hésite à en rien conclure.

1. Zumpt, St. R., p. 26 et suiv.; Herzog, p. 64 et suiv. ; Desjardins, II, p. 329 et suiv.; Lebègue, p. 9 et suiv.

2. Voici ceux dont nous connaissons les noms : Cécilius? vers 90 (n. 4), Valérius Flaccus en 83 (n. 5), Caton en 78? (p. 08, n. 4), Lépidus en 77 (p. 98, n. 3), Manlius en 77? (p. 107), Fonléius en 70-74 (p. 111 et suiv.), Calpurnius Pison en 07-65 (p. 120, n. 3), Muréna en 04-63 (p. 120. n. 4 et 5), Pornptinus en 62-61 (p. 121-4), Cécilius Métellus en 60-59 (p. 165, n. 8), César à partir de o9 (p. 166 et suiv.).

3. César, De b. G., I, 47, 4; Vil, 65, 2 icf. n. 5). Vers le même temps, le Marseillais Ariston est fait citoyen par Sylla (Gic, Pro Balbo, 22, 50). Il est probable que cet octroi, par le gouverneur, du titre de citoyen romain (octroi de plus en plus fréquent depuis Marius) est la consécjuence de services rendus à la guerre; cf. Mommsen, SlaaUreclU, III, p. 135; BuUettino délia Commissione arch. comunale di Roma, 1909, p. 189 et suiv.

4. Tite-Live, Ep., 73 : C. Cœcilius [var. Cielius] inGallia Transalpina Salavios rebellantes vieil; cf. p. 125, n. 6.

5. Granius Licinianus, p. 31, Fleraisch : Valérius Flaccus ex Celliberia et Gallia (triumphavit) en 80. Il s'agit de C. Valérius Flaccus, qui fut gouverneur (sans avoir été consul) en 83 (Gic, Pro Q., 6, 24 et 7, 28; César, De b. G., I, 47, 4). Ilerzog (p. 05) conclut d'un passage du Pro Quinctio (7, 29), qu'il partit avant septembre 83, peut-être pour combattre les Celtibères. — Il n'est pas impossible, comme l'a supposé Mommsen (11, p. 332), que ce soulèvement soit la consé(]uence du passage de Sertorius (si on place ce [)assage en 83, cf. p. 104). Il me parait plus probable <|u'il lui est antérieur, et que Sertorius, loin de favoriser la révolte des indigènes, eut plut(H à les contenir; cf. p. lOi, n. 4, et Julius Exupérantius (éd. Hursian, Zuricb, 1808) : Fi (Sertorius en 83) mandatum est ut tmnsicns rcs in Gatlia Trausalpina comjjoneret. La campagne de Flaccus se rajqiorle au même ordre de faits.

LA GAULE AU TEMPS DE MARIUS ET DR SYLLA. lOt

Après tout, durant ces vingt ans (100-78), les révolutions furent trop fréquentes à Rome pour qu'on pût élaborer un plau suivi h l'égard des provinces. Marins, en l'an 100, fut pendant quelques semaines une manière de roi, grâce au prestige de ses victoires et à l'appui du peuple et des chevaliers. Puis, durant dix ans, les grands l'emportèrent, soutenus par la fortune continue de Sylla. Le parti populaire prit sa revanche après le départ de celui-ci pour la guerre de Mithridate (87), et, jusqu'à son retour, il gouverna l'Occident sans opposition. Quand Sylla revint, ce fut la conquête à main armée de l'Italie et de Rome, faite par le proconsul au profit de l'aristocratie (83-78),

A chaque changement de régime, la Province voyait arriver de nouveaux chefs, et les acceptait passivement. Ils ne restaient pas assez longtemps pour se faire craindre ou pour se faire aimer. Leur situation était trop précaire pour qu'ils se cornpromissent par un excès de violences ou par des résolutions généreuses. Et c'est sans doute à cause de cela que les gouverneurs ne se sont signalés ni par leurs crimes ni par leurs bienfaits, et que la Gaule a si peu fait parler d'elle. Au temps des batailles entre Marius et Sylla, toutes les énergies se dépensaient à Rome et en Italie : les provinces de l'Occident se bornaient à suivre les*mouvements qui venaient de la capitale.

Mais, Sylla étant dictateur, elles entrèrent subitement en scène.

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