‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 160 sur 776 · HELLÉNISME ET LATINITE DANS LA PROVINCE IIOMAINE · texte numérisé non relu

HELLÉNISME ET LATINITE DANS LA PROVINCE IIOMAINE

et s'rtait imposée, par ses résistances victorieuses, au respect <les Gaulois '. Là affluaient les principales affaires, siégeaient les tribunaux, résidaient les gouverneurs -; elle allait donner son nom à la Province \ Autour d'elle, jusqu'à Arles, Port- Vendres et Toulouse, c'était un va-et-vient continu d'officiers, de soldats, de fournisseurs et de convois ^. En cours de route, on laissait de l'argent, du vin % des mots et des usages venus d'Italie. Les deniers d'argent et les as de bronze se répandaient rapidement : les taxes sur le vin se payaient avec de la monnaie romaine ^ Déjà, les nations indigènes en copiaient les types ', et l'alphabet latin faisait son apparition sur les pièces gauloises *. Soldats et valets d'armée révélaient aux Celtes les noms et les images des dieux italiotes, et leur donnaient la tentation de les adorer'. Les chefs qui viennent à Narbonne pour défendre leurs

à Q. Marcius Rex, alors consul (Zumpt, Commentationes, p. 313), il semble probable (Herzog, p. 50) que ce nom de Martius vienne de Mars, comme celui de Junoiiia à Carthage; mais je crois possible que ce nom soit une allusion à une grande divinité gauloise transformée en Mars romain (cf. t. II, p. 118, n. 2, p. 128), comme Junonia a. Carthage (Solin, XXVII, 11) rappelle Tanit (AudoUont, Carlhage romaine, p. 34). La colonie, de citoyens romains, fut décidée sans doute avant cette date; le sénat s'y opposa par une rogatio que combattit le fameux orateur L. Licinius Crassus dans un discours célèbre : ce fut Crassus, alors jeune et à aspirations populaires, qui fut chargé de conduire la colonie (Cic, Pro Cluentio, 51, 140; De oratore. 11, 55, 223; Brutus, 43, 160).

1. Pro Fonleio, 1, 3 : Narbo Martius, colonia noslrorum civiwn, spécula populi Boinani ac propugnaculum istis ipsis nationibus oppositum et objectum.

2. Cf. Cic, Pro Quinctio, 4, 15; ici, p. 99, n. 5, p. 110, n. 3.

3. Pas avant Auguste : car, chez Dion (XXXVII, 47, 1), l'expression de Gaule Narbonnaise paraît un anachronisme.

6. P. 99, n. 4; sur les trouvailles en Narbonnaise de monnaies romaines antérieures à 59, cf. Blanchet, p. 198-9

7. En particulier, les monnaies dites au cavalier (n°' 5715-5944), qui sont des imitations de quinaires romains (chez les Allobroges et les Voconces? en tout cas chez les peuples de la rive gauche) : tète de Rome et un Diosoure à cheval, légende en latin; les plus anciennes de la série sont celles à la légende COMA, les plus récentes portent DVRNACOS et AVSCROCOS; elles paraissent s'échelonner entre Domitius et César; de Saulcy, Revue numismatique, 1860, p. 409 et suiv.; de Barthélémy, id., 1884, p. 1 et suiv. ; Serrure, Annuaire de la Soc. de numismatique, XX, 1896 (beaucoup de réserves à faire); Blanchet, p. 261 et suiv.

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