‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 161 sur 776 · I. — CELTILL RESTAURE L'EMPIRE ARVERNE · texte numérisé non relu

I. — CELTILL RESTAURE L'EMPIRE ARVERNE

Pendant ce temps, le reste de la Gaule s'acheminait à son tour vers sa destinée, qui était de devenir une province romaine. Tout l'entraînait à ce sort : son impuissance à s'unir, l'abus des révolutions politiques, le progrès continu des influences italiennes, les pires dangers du côté delà Germanie. De temps à autre, des chefs ou des peuples essayaient d'enrayer le mal; il surgissait des patriotes ou des ambitieux, qui rêvaient de donner l'empire à leur nation et de refaire l'union et la grandeur de la Gaule. Mais leur œuvre ne durait pas : querelles de partis et jalousies entre peuples étaient plus fortes que l'intérêt supérieur du nom gaulois, et de chacune de ces tentatives le pays sortait plus déchiré et plus voisin de sa perte.

Une première eut lieu après le départ des Teutons. L'exemple des Belges, qui avaient su repousser les Germains, montrait qu'il suffisait contre eux d'un peu d!entente et de courage*.

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Beaucoup de Gaulois purent se dire qu'au temps de Luern et de Bituit les Transrhénans n'auraient pas eu raison des Celtes groupés sous la loi des Arvernes. Le moment était propice pour rétablir cette unité : Rome s'épuisait dans les guerres civiles et la conquête de l'Orient; le plus qu'elle espérait au delà des Alpes, c'était de conserver sa province. Elle fut impuissante à empêcher la restauration de l'Empire arverne (vers 80?').

Ce fut l'œuvre d'un chef arverne, nommé Celtill, très riche et très puissant chez son peuple ^ Etait-il le descendant des souverains nationaux, de Luern et de Bituit^? ou simplement un de ces grands que l'étendue de leurs domaines et le nombre de leurs clients faisaient les égaux des rois "? nous ne le savons. Mais il se trouva en tout cas assez puissant et assez habile pour s'imposer comme maître à tous les Arvernes, et pour imposer à toute la Gaule le principat de sa nation \ Il n'avait point le titre de roi '^ ; son pouvoir était plutôt de même nature que celui d'un imperalor romain, commandant, au nom de sa cité, aux chefs des peuples fédérés'.

Celtill est d'ailleurs le plus inconnu des Gaulois dont l'histoire ait parlé. De lui, elle ne nous a laissé que le nom et le vague souvenir de son autorité suprême. Comment l'a-t-il obtenue? quelle en a été la durée? jusqu'où s'étendait-ellc? ce sont autant de choses que les écrivains anciens, absorbés par Marins, Svlla et Mithridate, ont négligé de nous dire'. L'empire de Celtill nous apparaît, dans l'histoire de la Gaule, comme un

\. Celtill se place avant 62, où la Gaule nous apparaît comme fort di^sunie (p. 1.37 et suiv.); sa mort, au plus tiH vers 82, puiscjue Vercini^otorix, son lils, avait au plus trente ans en 52 (cf. César, Vil, 4, 1 ; cf. ici, p. 307, n. 0). il n'y a aucune impossibilité à faire .sou empire contem[)orain des p;uprros civiles romaines de 89 il 71, par conséquent de l'œuvre de Serlorius (p. 10:i-108).

2. César, VII, 4, 1 : Vercingctorix, CcllilU Jiliiis, Arvernus, sammœ potentiw ado- Icscens, ciijux paler priiicipatum Gallix tolius oblinuerat,

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