Cf. t. II, p
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arrêter les exactions des grands : les petits propriétaires, devenus leurs débiteurs, se laissaient dépouiller par eux*. Dumnorix rÉduen ne marchait jamais sans une garde de mercenaires % et j'imagine qu'elle ne se privait pas de maraude et de rapines. Les routes étaient sillonnées d'exilés, de fugitifs, d'endettés et de vagabonds ^
Mais gardons-nous, devant ce triste tableau, de parler de décadence irrémédiable, et d'annoncer la lin nécessaire de la Gaule. Ces crises d'anarchie, la terre de France les a connues presque à chaque siècle de son histoire : Barbares et Romains après Théodose, Neustriens et Austrasiens après Clotaire ou Dagobert, puis les luttes entre les fils de Charlemagne, Armagnacs et Bourguignons, huguenots et papistes, frondeurs et mazarins, il semblait chaque fois impossible qu'une pensée fraternelle survécût à ces sanglantes discordes; et cependant, de ces temps de fureur, il est toujours sorti une nation plus robuste et plus unie.
Il pouvait donc se faire que la folie présente, celle qui divisait la Gaule entre Arvernes et Eduens, trouvât à la fin son remède, et que le nom celtique grandît à nouveau. Il conservait encore ses principes d'entente. Les druides tenaient toujours leurs assises, et les bardes chantaient toujours leurs légendes. A côté même des réunions de prêtres, de grands conseils politiques se rassemblaient de temps à autre. Car les Gaulois, après le démembrement de l'empire de Celtill, n'avaient pas répudié tous les devoirs et toutes les amitiés que leur créait leur communauté d'origine, de langue, de nom et d'histoire. Les principaux chefs des cités se réunissaient, sans doute tous les ans, pour parler des intérêts collectifs, peut-être pour fixer des temps de trêves
\. VI, 22, 3 (s'oppose nux Gaulois); cf. VI, 11, 4; I, 4, 2 (ubxralos suos).
'i. III, 17, 4 ([tcrditorum hoininuin lalronumquc); VII, 4, 3 {e(jentiuin ar pcrililoruin); VIII, :tO, 1 ii'crditis ..., cxsuUbus ontiiiuin civittiliini, ... latrouibiis); V, 55, 3 [essuies daiiinalusqiic).