‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 174 sur 776 · V. — PROGRÈS DE L'INFLUENCE LATINE · texte numérisé non relu

V. — PROGRÈS DE L'INFLUENCE LATINE

L'étranger, de son côté, se rapprochait de la Gaule, et l'enserrait chaque jour davantage de son influence ou de ses desseins.

Le sénat, après la défaite de Bituit, eut beau renoncer à la Gaule : il n'en dut pas moins s'y intéresser sans cesse. Depuis le val d'Aran jusqu'au lac de Genève, l'Empire romain et la Celtique indépendante se touchaient sur près de deux cents lieues d'étendue-. Sauf du côté des Cévennes, c'était une frontière sans obstacles naturels : on a vu, au temps des Cimbres et des Teutons, avec quelle aisance l'ennemi put la franchir \ Rome avait le devoir de la surveiller de très près.

Elle le fît, pendant longtemps, avec un vif désir de la paix. Des traités d'amitié et des conventions de voisinage furent conclues avec les peuples limitrophes* : le sénat s'interdit, sinon d'accueillir les émigrés ou les proscrits de la Gaule, du moins

1. L'existence d'un conseil des chefs de toute la Gaule n'est nulle part formellement attestée avant 58. Mais je fa crois prouvée par les faits suivants : 1° on le trouve dès l'entrée de César en Gaule en 58 (I, 30, 4); 2" je doute que sa périodicité, printemps et automne, sous le proconsulat de César (IV, 6, 5?; V, 2, 4; V, 24, 1 ; VI, 3, 4 ; VI, 40, 6 ; VI, 44, 1 ; cf. p. 317), ait pu être une innovation romaine ;

3" dès que les Gaulois se sont sentis libres, en 52, ils convoquent une assemblée générale de la Gaule à Bibracte, Celles et Belges réunis (VII, 63, 5); 4° enfin, l'expression de concilium iolius Galllœ chez César (I, 30, 4; VII, 63, 5) semble bien désigner un usage connu et courant. Contra, Fustel de Coulanges, Inst. poL, I, p. 4 et suiv. — Indépendamment d'une assemblée générale à tous les Gaulois, il y a celle des Celtes (peut-être celle de 58, I, 30, 4), et celle des Belges (en 57, commuai Belgarum concilio, II, 4, 4; ici, p. 247-8).

2. Agrippa (Pline, 111, 37) donnait à la Gaule Narbonnaise 370 milles de long, ce qui est à peu près la mesure entre le méridien du val d'Aran et celui de Monaco.

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