VI. - APPROCHE DES DACES ET DES SUÈVESi
Les pires dangers, en ce moment, venaient de la Germanie et non de Rome. Des malheurs imprévus accablèrent le nom gaulois au delà du Rhin : les vieilles nations qu'il possédait sur le Mein et le Danube s'effondrèrent enfin sous les coups des Barbares. Elles avaient à peine échappé aux hordes des Cimbres, que de nouvelles bandes parurent pour consommer leur ruine.
Au sud, ce furent les Daces de Scythie qui attaquèrent. Ce nom n'était à l'origine que celui d'une petite peuplade thrace de la Roumanie^ : mais d'heureuses circonstances et des chefs habiles en firent, au temps de Pompée', la plus grande puissance barbare de l'Europe. Les Daces soumirent leurs voisins
Arvernique ausi Latio se fingere fratres sanguine ab Iliaco populo; cf. Sidoine, Ep., VII, 7, 2; Carm., VII, 139. C'est à tort, je crois, qu'on a vu là une erreur du poète au lieu des l-lduens (opinion de Hirsclifeld, Silzungsberichte der ... Alcad. de Berlin, LI, 1897, p. 1108); cf. Roth, Germania, I, ISoG, p. 51 et suiv., et Birt, Rhcin. Mus., LI, 1896, p. 523.
1. Sur les Daces : von Gutschmid, Kleine Schriften, V, p. 324 et suiv.; Niese, Zeilschrifl fiir deutsches AUerlum, XLII, 1898, p. 152 et suiv. (surtout sur leurs luttes avec les Boiens); Brandis ap. Wissowa, IV, col. 1948 et suiv. Pour les Suoves, les ouvrages cités p. 43, n. 2, qui sont à consulter aussi pour les Daces. En dernier lieu, sur ces événements, Howorlli, T/ie Germans of Cœsar, dans Tlié Englisk Ilislorical lieview, XXIII, n" 91, juillet 1908.
2. Leur situation primitive résulte do leurs rapports avec les Baslarnes de Bessarabie (t. I, p. 303, n. 2) (!t les Scordisques de Belgrade (t. I, p. 302); Justin, X.XXII, 3, 16; Brandis, col. 1950.
3. Jordanès, Gelica, XI, 07, donne la date de 82 comme début de Burbista (cf. p. 152). Contra, von Gutschmid, V, p. 324. Il semble en tout cas que les progrés des Daces supposent la fin de Mithridale en 63.
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les Bastarnos', la colonie la plus avancée que les Galates du temps de Brennos eussent laissée dans les plaines de l'Est; puis, ils assaillirent la cité grecque d'Olbia, l'antique souveraine du golfe du Dnieper, qui, comme Marseille dans l'Occident gaulois, perpétuait dans l'Orient des Scythes la gloire et les traditions des Hellènes. Olbia, qui avait résisté à cinq siècles d'assauts barbares, fut prise et détruite (vers 63?)-, et désormais, les Daces, maîtres de la mer, des bouches des grands fleuves et des terres limoneuses de la Russie, purent prétendre à un rôle souverain. Par le Danube, ils remontèrent vers l'Europe centrale : les Gaulois Scordisques de Belgrade, abîmés par les Romains, ne furent pas un obstacle ^ Les plaines de la Hongrie, le plateau minier de la Transylvanie, passèrent à leur empire, et ce fut au détriment des derniers héritiers du Celte Ségovèse. Enfin, entre Pesth et Vienne, en ces lieux prédestinés aux grandes batailles, ils se heurtèrent aux armées associées des Boïens de Bohême et des Noriques de Styrie. Les Gaulois furent battus dans de sanglantes rencontres ^ : tout ce que les Boïens possédaient sur le Danube leur fut enlevé, et ils se virent réduits à la Bohême ^ Les Noriques furent aussi, je crois, rejetés dans leurs montagnes ^ De Vienne à Odessa,
1. Cela résulte de leur conquôle d'Olbia, dont ils étaient séparés par les Bastarnes (cf. Brandis, c. 1959). Sur les Bnstarnes, t. I, p. 303, n. 2.
2. Dion Chrysostome, II, p. 73, Reiske. Brandis (c. 1939-60) place l'événement après ceux du Danube.