‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 184 sur 776 · Tout ce qui précède d'après Strabon, Vil · texte numérisé non relu

Tout ce qui précède d'après Strabon, Vil

UURBISTA ET ARIOVISTR. 1o3

AÎste (dopuis 72?)'. (a>lui-là iic fut guère qu'un brigand, mais d'audace et d'intelligence supérieures. Pendant près de quinze ans, ni lui ni ses lionunes ne dormirent sous un toit^ : ils ne connaissaient que la course, la bataille et le meurtre, leurs armes, leurs chariots et leurs tentes, et quand ils avaient besoin des dieux, ils recouraient aux prophéties de leurs femmes '. Suivi de ses hordes, Arioviste ne redoutait personne et ne respectait rien. Aucune entreprise ne lui sembla impossible, et il acceptait avec une joie sauvage tous les adversaires qui se présentaient*. Au surplus, sa frénésie se conciliait avec la ruse et la malice; il gavait endormir ses ennemis par des propos d'amitié et de belles promesses ^ Intelligent, grand parleur, prudent et soupçonneux ^ habile à observer les hommes et à retenir les faits, il n'avait rien de la simplicité d'allures qui faisait le charme de certains Barbares^ : personne ne lui en imposait ni par la flatterie ni par la menace, et il répondit plus tard à Jules César en homme qui ne se laisse pas payer de mots\ Avec cela, despote, colère, arrogant, cruel, brutal, exigeant l'obéissance immédiate, toujours prêt à ordonner un supplice ^ c'était la plus

1. Sur Arioviste, outre les ouvrages cités p. 43, n. 2, p. 221, n. 1, les remarques de H. Baumann, Ucber das erste Buch, etc., programme du Franz-Joseph-Gymnasium de Vienne, 188.J, p. 29 et suiv., et Klebs ap. Wissova, s. v. — La date semble résulter de César, I, 36, 7. Le nom est transmis Ariovistus par les mss. de César, forme avec laquelle s'accordent les leçons des autres auteurs. 11 est appelé rex Germanorum par César (l, 31, 10), Frontin (II, 1, 16), Appien (« roi des Germains au delà du Rhin », Appien, Cellica, 16), etc., dax Germanorum, Tite-Live, Ep., 104, rex Suevorum (sans être nommé), par Pline, II, 170 (cf. p. 163, n. 8); il est visible qu'il commande seulement à des Suèves, mais je ne doute pas qu'il ne s'agisse seulement des Suèves émigranls, établis en Souabe et Franconie (p. 147-8), et peut-être seulement d'une partie d'entre eux.

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