Orose, V
6. Cf. Florus, I, 37 [III, 2], 3; cf. t. Il, p. 313 et 549. \ Orose, V, 14, 1.
18 LES ROMAINS DETRUISENT L EMPIRE AUVERNE.
Les deux troupes en vinrent aux mains. Elles combattirent, près du Rhône ', dans cette riche et vaste plaine du Comtat où des centaines de mille hommes peuvent se choquer et se mêler sans obstacles, où de grandes routes arrivent de tous les points de la France, du Dauphiné et de l'Auvergne, de Marseille et de Lyon, et que viennent encadrer les derniers contre-forts des Alpes et les premiers éperons des Gévennes ^. On était dans les plus chaudes journées de l'été, le 8 août '.
Fabius commandait les Romains'. Il avait la fièvre quarte"', mais il n'en fit pas moins son métier de général : il alla de rangen rang, tantôt porté sur une litière, tantôt soutenu à bras d'hommes, encourageant ses soldats, expliquant la manière de combattre ces Barbares ^ Bituit, semble-t-il, fit aussi son devoir, et la bataille fut longue et disputée. Mais enfin les Romains remportèrent, et la débandade commença'.
Le gros des vaincus n'eut pour se dégager que les ponts du Rhône. Ils s'y entassèrent, chacun ne songeant qu'à son salut. Le pont de bateaux céda, les chaînes se rompirent, les barques sombrèrent, et ce fut un nouveau désastre. Bituit échappa, mais il ne ramena, dit-on, ([ue le quart de ses hommes \
A coup sur, la Gaule pouvait lui en fournir beaucoup d'autres, et dix fois plus qu'il n'en avait perdu. La conquête de ses Etats n'était pas encore entamée. îMais la victoire des Romains, succé-