Expériences faites en 1864 (cf. de Reiïye, p
10. Polybe, VI, 23, 6 et 7 ; etc. — Sur les armes contemporaines de César, Yerchère de Reffye, Les Armes d'Alise, Rev. arch., 1864, X, p. 337 et suiv. Cf. t. I, p. -3.35-6.
G. JuLLiAN. — Histoire de la Gaule. III. — 12
entre les mains d'hommes au coup d'oeil juste, au bras nerveux et souple, au poignet vigoureux ' ; regardez-les prenant leur clan, arrivant à portée de l'ennemi, lançant chacun son javelot qui va droit au but-, puis, continuant leur course, se précipitant l'épée tirée, pointe en avant ^ : et vous vous expliquerez pourquoi, en face d'eux, la bataille gauloise a été si souvent un vulgaire carnage ^
Quelques-uns de ces hommes, pris à part, étaient de vrais miracles, je veux parler des sous-officiers, les centurions'. Un seul pouvait plus, parfois, qu'une compagnie de simples soldats : la force de leurs corps, le prestige de nombreuses campagnes, la fierté des blessures et des décorations, en faisaient des modèles permanents pour les autres légionnaires''. Au surplus, glorieux et agités comme les vieux soldats", toujours prêts à effacer le souvenir de leurs derniers actes par une action plus belle, ils étaient l'élément exubérant de la légion, et, par leur audace intempérante, ils achevaient de donner la vie à cette machine si bien ajustée : car César les laissait faire, marchant au premier rang, s'aventurant dans les batailles, escaladant les forteresses, casse-cou et boute-en-train*.