VU, 05, 1 -, p. 429 et suiv., p
Les Gaulois, de même, étaient tenus de s'enrôler à l'appel du proconsul'. Ils ne paraissent pas s'être soustraits à ce devoir, qui les exposait à combattre leurs frères de Celtique : César ne cite parmi eux ni déserteurs ni transfuges -. Le patriotisme gaulois, depuis deux générations qu'ils obéissaient, était mort dans leurs âmes. S'il faut repousser sur leur propre sol une attaque des Celtes indépendants, ils le font avec une énergie qui écarte tout soupçon ^ Quelques-uns de leurs chefs appartiennent à des familles entrées depuis un quart de siècle dans la cité romaine : ils sauront tenir la conduite à laquelle ce titre invite, et risquer leur vie pour leur imperator'".
Ces indigènes de la Province seront pour César les plus utiles de ses auxiliaires. Comme ils parlent la même langue que les Gaulois du Nord% qu'ils partagent ou connaissent leur manière de combattre, d'agir ou de penser, il recourt souvent à leur expérience. Des missions délicates sont confiées à leurs chefs; il les prend comme interprètes ou négociateurs ^ On sent qu'il désire les flatter et s'en faire de fidèles partisans. Il les admet à sa table, les accepte pour hôtes, et se. vante de les avoir pour familiers ^ Si, au cours d'une campagne, il réussit à sauver l'un* d'eux d'un péril mortel, il s'en réjouit comme d'une victoire. Dans ses Commentaires, il parle de l'Helvien Procillus avec une émotion qui n'est point dans ses habitudes, et le seul passage de son livre où il laisse échapper quelques mots de pitié et d'affection est celui qu'il consacre à ce chef gaulois \ Des hommes de cette valeur et de ce dévouement ont contribué à la conquête de la
1. Sans doule les textes do la p. 191, n. H. Ajoutez les levées de laineius et matelots, III, 9, 1, p. 293.
2. Les transfuges gaulois dont il jjarle (1, 23, 2; cf. 27, 3 et 28, 2) sont des esclaves qui avaient suivi leurs maîtres.