III. - CÉSAR ARRIVE A GENÈVE i
Ce fut dès le début du proconsulat de César, à l'entrée de la belle saison, que l'occasion s'offrit à lui de se mettre en campagne.
1. Sur la campagne contre les Helvètes, outre les livres généraux (p. 149, n. 1) : Monelus, Gallix géographie, 1634, p. 337-344; Collet, Explication des Statuts ... de Bresse (dissertation préliniinaire), 1698; [des Ours de Mandajors], La Guerre de César et des Suisses, p. 1 et suiv. de ses Dissertations, Avignon, 1712 (fantaisiste); Dunod, Hist. des Séquanais, I, Dijon, 1735, p. 10 et suiv.; Pecis, Les Campagnes de Jules César, I, 17G0, p. 13 et suiv.; de Vaudoncourt, Journal des sciences militaires, III, 1826, p. 316 et suiv.; Lavirotte, Mém. de la Comm. d'Antiquités du dép. de la Côte-d'Or, a. 1834 et 1835, in-8, p. 74 et suiv. (cf. Rossignol, même recueil, II, in-4, 1842 à 1846, p. 83); Bourgon, Diss., etc., Académie des Sciences ... de Besançon, 1836, p. 75 et suiv.; GauUieur, Bulletin de l'Institut nat. genevois, I, 1853, p. 239 et suiv.; Dufour, même recueil, p. 499 et suiv.; Brossard, Histoire ... du pays de Gex, Bourg, 1851, p. 15* et suiv.; Sirand, Antiquités générales de l'Ain, Bourg, 1855, p. 268 et suiv.; Monnier, Études sur l'invasion des Helvètes, 1858 (Ann. de VAc. de Mâcon, IV, II); Aubertin : 1° Revue des Soc. sav., IIP s., II, 1863, II, p. 264 et suiv.; 2" id., III' s., IV, 1864, p. 103 et suiv.; de Saulcy, Campagnes, p. 225 et suiv.; Valentin-Smith dans les Travaux arch. extraits des Mém. de l'Acad. de Lyon, 1868, p. 57 et suiv. (écrit en 1861); Cadot, Note sur Vinvasion des Helvètes, [Màcon, 1862]; Guillemot, Excursions archéologiques, Dijon, 1861, p. 43 et suiv.; Heller, Philologus, XIX, 1863, p. 555 et suiv.; id., XXVI, 1867, p. 655 et suiv.; Thomann, ,Der franzœsische Atlas, 1868, p. 6-11; le même, Neue Jahrb. fiir Phil., XCI, 1865, p. 694 et suiv.; Bapp, Die Helvetier im Jahr 58 v. Chr., Rastatt, 1865 (progr. de Donaueschingen); Garenne, Bibracte, Autun, 1867, p. 28 et suiv. (important et trop peu cité); Eichheim, Die Kàmpfe der Helvetier und Sueben gegeh C. J. Cœsar, Neuburg, i'° réd., 1866, 2° réd., 1876 (eccentricity and virulence, dit justement de lui Bice Holmes, p. 232); M., dans Œsterreichische MiliUlr. Zeitschrift, VIII, 1867, IV, p. 1 et suiv. (très insignifiant); van Kampen, Die Helvetierschlacht bei Bibracte, Gotha, 1878; Bauchenstein, Der Feldzug Cœsars gegen die Helvetier, Zurich, 1882 (thèse d'Iéna), p. 39 et suiv.; Klœvekorn, Die Kàmpfe Cœsars, etc., Leip/ig, 1889; Melber, Der Bericht des Dio Cassius iiber die Gallischen Kriege Cœsars, 1891, p. 59-68; Carion, Montmort, ... emplacement de la bataille dans laquelle César défit les Helvètes, Màcon, 1892 {Annuaire de Saône-et-Loire) ; [Senault], L'Œuvre de J. Maissiat, Bourg, 1892, p. 23 et suiv.; StofTel, Histoire de Jules César. Il, 1887, p. 439 et suiv.; le môme. Guerre de César et d'Arioviste, 1890, p. 32 et suiv.; Bulliot, Mémoires de la Soc. Éduenne, n. s., 1892, XX, p. 303 et suiv.; Ziehen, Der
Les Helvètes avaient fixé le rendez-vous des émigrants aux premiers jours du printemps (24 mars 58?*). Le lieu de concentration était l'extrémité du lac de Genève près de la rive droite du Rhône - : là, ils se trouvaient encore sur terre gauloise ; mais dé l'autre côté du fleuve, à Genève, commençait la province romaine ^ Un pont réunissait les deux bords \
L'intention des Helvètes, au moins apparente, était de gagner
neueste Angrijf, etc., Berichte des Frcien Deiitschen Hochstlftes à Francfort, 1901, p. 96 et suiv.; Lindeninann, Die Helvetier iin Kampfe, etc., Zurich, 1901, p. 80 et suiv. ; Frœhlich, Die Glaubwiirdigkeit Csesars in seinem Bericht tiber den Feldzug gegen die Helvetier, Aarau, 1903 (programme); Bircher : 1° Der Feld:ug Julius Cœsars gegen die Helvetier, Frauenfeld, 1890 {Schweizer Monatschrift fiir Offtziere); 2" Bibracte, Aarau, 1904. Voyez les livres sur la valeur de César, p. 150, et p. 199, n. 5. — J'avoue ne pas comprendre les attaques (cf. p. 130-1, note) dont les Commentaires de César ont été l'objet à propos de cette guerre. Son récit est suffisamment clair, les chiffres ne me paraissent pas exagérés, et si on peut lui reprocher d'avoir trop peu précisé pour les lieux, et trop peu expliqué sa conduite et ses mouvements, c'est assez son habitude. Voyez en dernier lieu sa défense par Frœhlicii, pas assez énergique, par Ziehen, et par Veith, p. 428 et suiv. Dans le sens contraire, la thèse célèbre de Rauchenstein est à peine plus qu'un pamphlet contre César, auquel (p. 97 et suiv.) il refuse môme la victoire; déjà Eichhcim, qui avait inspiré Rauchenstein, avait dit que César fut complètement vaincu, et Fcrrero, après eux, prononce le mot d' « insuccès » (p. 19); l'attaque contre César, au surplus, date de Monetus. — Que Dion Cassius soit presque toujours d'accord avec César, cela me parait évident; cf. les points rapprochés; et il est impossible, sauf sur un point (p. 216, n. 3), de les opposer lun à l'autre (cf. p. 198, n. 9 et 10, p. 199, n. 2 et 5, p. 200, n. 3, p. 207, n. 4, p. 208, n. 8, p. 214, n. 4, p. 216, n. 5, p. 219, n. 1). — Appien et Plutarque se sont servis d'une autre source, la môme (p. 207, n. 4), qu'on croit ôtre PoUion (p. 151, note) : mais ils nous donnent très peu (p. 197, n. 4, p. 210, n. 2, p. 213, n. ^, p. 215, n. 1, p. 217, n. 4).
1. I, 6, 4 : Dies erat ad V kal. april. = 28 mars du calendrier public; mais il faut tenir compte de ce que le calendrier public, jusqu'à la réforme de Jules César, était d'ordinaire en avance sur l'année réelle. 11 l'était assez peu à ce moment, le mois intercalaire ayant été, scmble-t-il, ajouté entre février et mars. D'après f.,e Verrier {Hist. de César, II, p. 584), les Helvètes auraient choisi le jour de l'équinoxe, 24 mars : ce n'est qu'une hypothèse, mais rendue très vraisemblable par le fait que l'équinoxe correspondait, cette année, avec la nouvelle lune. — Autres systèmes . le 25 mars, au premier jour de la nouvelle lune (Groebe «d. Druiiiann, Geschiclite Roms, 2' éd., 111, 1900, p. 794 et 774-5; cf. Unger, A'cue Jahrbiicher, C.XXIX, 1884, p. 578 et suiv.); le 28 février (Zumpt, N. Jahrb., Suppl., Vil, 1873-5, p. 503 et 592); le 10 avril (Ivorb [système d'ideler, Handbiich, II, 1883, p. 110] apud Orelli, Onomasl. Tullianum, 1, 1830, p. 153); le 9 mai (de La Nauze, McUn. de l'Ac. des Inscr., XXVI, 17:39, p. 249; etc.).
2. Ad ripam likoduni, I, 6, 4. A Genève, rive droite, aux Pàquis, et sur le plateau df Saconnex?
CESAR AimiVE A GENEVE. 195
rOccidont do la Gaule, et d'y chercher des terres non loin do la nier de Saintonge'. Ils avaient déjà, semble-t-il, négocié avec les Eduens pour s'assurer le passage des cols du Centre ^ dont ils trouveraient Ips routes sur les bords de la Saône, à Lyon, MAcon ou Chalon. Pour arriver à la Saône, ils pouvaient choisir entre deux chemins, qui partent également de Genève : l'un, sur la rive droite, par le col de l'Ecluse et les montées du Jura^ traversait les terres séquanes; l'autre franchissait le fleuve au pont de Genève et s'engageait chez les Allobroges, dans la province romaine*.
Ce fut cette dernière route qu'ils choisirent. Elle était large, découverte et commode ° ; le pas de l'Ecluse était rude, ne laissait place par endroits qu'à un chariot de front % et les Helvètes en emmenaient des milliers : il suffirait, pour leur fermer le passage, d'une poignée d'hommes embusqués sur le col, et, depuis la mort d'Orgétorix, ils avaient rompu tout rapport avec les Séquanes '. Ils n'étaient pas en meilleurs termes avec les Allobroges^; mais ceux-ci venaient à peine de se soumettre aux Romains après une terrible guerre : s'ils avaient la pensée de se venger, les Helvètes leur seraient d'un bon secours^; s'ils
1. I, 10, 1 {iter in Santonum fines); peut-être dans le Bordelais, où ne s'était point formé de grande nation (t. II, p. 501); l'indication donnée par Dion (XXXVIII, 31, 3), qu'ils voulurent s'établir Trpbç Taî^ç "AXuso-î itou, est une de ses inadvertances coutumières.
2. Car César ne parle que des négociations avec les Séquanes, et après l'échec du passage par la Province (I, 9, 2); les Helvètes demeuraient toujours en relations avec les Éduens (I, 0, 2 et 3).
3. C'est évidemment celui que décrit César (I, 6, 1) : (Iter) angustum et difficile [voyez la route actuelle au fort de l'Écluse], inter montem Juram et Jlumen Rhodanum, mons altissimus impendebat [surtout le Plat des Roches et, plus loin, le Grand Credo].
4. I, 6, 1 et 2 : (lier) multo facilius atque expeditius. Route (plus tard romaine) de Genève à Aoste et Vienne par Carouge, Frangy et Seyssel? Sur cette route, en dernier lieu, Marteaux, Revue Savoisienne, 1907, p. 67 et suiv.