‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 238 sur 776 · I, 6, 3 ; cf. p. 122 et suiv · texte numérisé non relu

I, 6, 3 ; cf. p. 122 et suiv

demeuraient fidèles au sénat, on se battrait*. Bataille pour bataille, il valait mieux s'attaquer aux gens du Sud. Les Helvètes décidèrent de passer le Rhône, de gré ou de forcée — C'était provoquer César.

Le proconsul était encore à Rome à cette date^. Il y avait vécu presque toute sa vie, dans les intrigues du forum et du sénat : elles semblaient, plus que le grand air du champ de bataille, sa joie et son besoin. Il lui en coûtait de se séparer de ce monde agité et mobile, où il ne pouvait commander qu'à la condition de s'y mêler. Les alliés qu'il y possédait, Pompée et Crassus, n'étaient point sûrs; ses amis les plus dévoués, tels que Clodius, manquaient de prestige et de valeur morale; et ceux qui le détestaient franchement, comme Caton, étaient les honjmes de vertu et de volonté. César hésitait donc à partir. Et peutêtre, si les Gaulois l'avaient laissé tranquille, aurait-il consumé son temps dans l'incertitude, ne sachant s'il demanderait le pouvoir suprême à un coup d'État immédiat* ou à une guerre de conquête.

Cette guerre, je n'affirmerai même pas qu'il voulût d'abord la faire dans la Gaule. Il y avait, beaucoup plus près des Apennins que l'Auvergne et la Bourgogne, un admirable empire à donner au peuple, la vallée du Danube. La possession de ces terres importait bien davantage à la sécurité de Rome que celle des nations transcévenoles : en trois jours, par les routes des Alpes Juliennes, des Barbares pouvaient arriver dans les plaines de l'Italie, pays frontière de ce côté ^ Quant à la gloire et à la richesse, on les trouverait à coup sûr le long de ce grand fleuve, où se fondait alors un vaste royaume*, où abondaient l'or et le h\é\

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