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rebroussèrent chemin à l'intérieur, pourchassés par les Trévires et les indigènes des deux rives'.
La première conséquence de la victoire fut donc de rejeter les Germains, presque partout, au delà du Rhin ^ : et cette conséquence se fera sentir pendant près de cinq siècles. Jusqu'au temps d'Alaric et d'Attila, les peuples transrhénans rie franchiront plus le fleuve que pour des aventures ou des brigandages ; pas une seule fois il ne leur sera possible d'établir à demeure sur les terres du couchant un nom de grand peuple et un empire autonome. Ils reculeront toujours, sur la rive opposée, devant une résistance victorieuse, des nations prêtes à réagir, un monde hostile, décidé à ne point se laisser entamer. Et le Rhin demeurera la frontière consacrée de la Barbarie germanique.
Ces adversaires que les Germains trouveront désormais en face d'eux, ce ne seront plus seulement des Gaulois, mais des Gaulois sujets de Rome : la bataille entre César et Arioviste eut pour seconde conséquence de donner la Gaule au peuple romain, et de la lui donner en fait et en droit.
En fait, Jules César, dans cet automne de l'an 58, possédait la seule force militaire qui parût exister dans la Gaule. Les Germains venaient d'être détruits, les Helvètes étaient écartés; les nations celtiques n'avaient levé jusqu'ici que quelques misérables escadrons, que le proconsul traînait à sa suite; on ne parlait pas encore des Belges. Il pouvait, avec ses six légions victorieuses, agir en maître depuis le Rhin jusqu'aux Pyrénées. Les droits du peuple romain sur cette terre reparaissaient dans une éclatante lumière. Le succès de César leur donna une sanction nouvelle. Quand Bituit, le chef de toute la Gaule, eut été vaincu [rar Fabius, le sénat consentit à laisser la liberté