‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 3 sur 776 · I. — SITUATION DE L'EMPIRE ARVERNE DANS LE MONDE · texte numérisé non relu

I. — SITUATION DE L'EMPIRE ARVERNE DANS LE MONDE

Au milieu du second siècle avant notre ère, le peuple des Arvernes avait réussi à faire de toute la Gaule un seul Etat. Sa domination atteignait les limites naturelles de la contrée : elle touchait aux Pyrénées et aux Alpes, à l'Océan, au Rhin et à la Méditerranée. Les peuplades qui lui obéissaient n'étaient pas

1. De Gatel, Mémoires de Vhist. du Languedoc, 16-33, p. 432 et suiv. ; Bouche, La Chorographie de Provence, I, 1664, p. 407 et suiv.; Devic et Vaissette, Hist. gén, de Languedoc, n. éd., I, 1872, p. 71 et suiv.; [des Ours de Mandajors], Hist, crit, de la Gaule Narbonnoise, 1733, p. 87 et suiv.; de Fortia d'Urban, Antiquités ... de Vaucluse, I, 1808, p. 241 et suiv.; Amédée Tliierry, I, p. 530 et suiv.; Fischer, Rœmische Zeitlafeln, 1846, p. 146 et suiv.; Zumpt, Studia Romana, 1859, p. 15 et suiv. {de Gallia Romanorum provincia); }ilommsen, Rœmische Geschichte, 11(1''° éd.. 1853), p. 159-164; Ilerzog, Gallise Narhonensis ... historia, 1864, p. 43 et suiv.; Vogel, De Romanorum in Gallia Transalpina gestis ante ... Cxsarem, Friedland, 1873 (insigniflant); Desjardins, Géographie, II, 1878, p. 270 et suiv.; Neumann, Geschichte Roms, I, 1881, p. 277 et suiv.; de Witte, Bull. ... de& Ant. de Fr., 1882, p. 342-3, 348; G. Ritter, Untersuchungen zu dem Allobrogischen Krieg, Hof, 1885 (progr.); Lebègue, Fastes de la Narbonnaise (Hist. gén. de Languedoc, n. éd., XV, 1893), p. 5 et baiv.; Klebs dans VEncyclopàdie Wissowa, III, 1897, c. 546-8; Miinzer, ibid., V, 1903, c. 1322-4; (Bullock) Hall, The Romans on the Riviera, 1898. p. 84 et suiv.; et les ouvrages cités t. I, p. 4, n. 1, t. II, p. 3, n. 1.

groupées uniquement par la force. Elles avaient une origine et des traditions communes; elles adoraient des dieux semblables et parlaient une seule langue. D'étroites relations de commerce et d'amitié les réunissaient. On sentait chez toutes la même confiance en leur race, le même orgueil du nom d'alliance. La nation qui leur commandait était la plus riche et la plus forte; sa situation centrale faisait d'elle le lien naturel de toutes les régions de son vaste empire. La Gaule présentait les conditions nécessaires pour vivre d'une vie originale et forte, et pour créer une patrie durable '.

Par malheur, de nombreuses causes de faiblesse pouvaient enrayer la croissance de cette grande nation, et mettre en péril son existence même. Dans les régions naturelles de la France, il s'était formé des peuplades distinctes, ayant leurs intérêts et leurs caractères propres ^ : chacune se querellait avec ses voisines, et toutes, sans doute, jalousaient la peuplade souveraine \ A l'intérieur de ces petits États, le cours régulier de la vie publique était troublé par les menées des grands*. Ardents, inquiets, batailleurs, d'humeur changeante et d'un incurable amour-propre % les Celtes et les Belges s'accommodaient mal de ce régime d'unité, qui suppose une entente continue, des sacrifices réciproques, la pratique monotone des travaux de la paix. Des rancunes de peuples et des ambitions de chefs s'agitaient sans cesse à l'intérieur de l'Empire arverne. — D'autres périls le menaçaient à ses frontières.

vVu nord, il touchait aux Barbares de la Germanie. Les causes qui avaient jadis entraîné les Celtes et les Belges vers ce côté du Rhin® étaient de celles qui durent toujours : le désir

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