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SITUATION DE L EMPIUIC ARVEllNR DANS LE MONDE. 5
d'un cirl [)lus y;;u et de terres plus riches ', une population lro[i nombreuse-, l'habitude de demander à la guerre les moyens de vivre', les grandes querelles nationales, qui finissaient souvent par des expulsions de tribus entières^. L'instabilité et la sauvagerie du monde germanique en faisaient un voisinage fort incommode; et, de temps à autre, des bandes d'hommes, pressées par la faim, l'envie ou la défaite, se présentaient en armes aux passages du Rhin ^
Au sud, les Gaulois confinaient à l'Empire romain, sur les routes des Alpes, des Pyrénées et de la mer Intérieure. De ce côté, c'était un Etat compact, civilisé, aux pratiques régulières et à la politique suivie. Mais, pour être de nature différente, ce voisinage présentait plus de dangers encore que celui de la frontière germanique. L'histoire des cent dernières années (218-133) avait montré qu'aucune force au monde ne pouvait résister à celle de Rome, ni les vastes royaumes de l'Orient, Macédoine, Syrie ou Egypte, ni les tribus indomptables de l'Occident, Ligures ou Celtibères, ni le courage obstiné et intelligent des villes antiques et patriotes, Syracuse ou Carthage ^ Elle avait triomphé dans les campagnes les plus longues, sur les champs de bataille les plus disputés, devant les murailles les plus fortes. Si elle songeait à la conquête de la Gaule, celle-ci était d'avance abandonnée par les dieux. Et de cette même histoire il résultait également que les Romains, pour satisfaire une convoitise ou une rancune, n'avaient jamais été arrêtés par des scrupules de droit ou de religion : le jour oii ils voudraient] la Gaule, ils trouveraient les prétextes pour intervenir.
L'Empire arverne avait donc à se prémunir contre les ambi-
1. César, De b. G., I, 31, 11 ; Tacile, HisL, IV, 73. Cf. t. I, p. 233-4, 314.