‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 33 sur 776 · DISLOCATION DE L'EMPIUE GAULOIS · texte numérisé non relu

DISLOCATION DE L'EMPIUE GAULOIS

trats se ramenaient, en apparence, à peu de chose : l'essentiel semblait ce titre d' « ami » que le sénat accordait à un peuple Qu il son roi. Mais je doute qu'en échange les Romains n'aient pas reçu quelques avantages commerciaux, le libre passage ou l'hospitalité pour les marchands venus d'Italie. En tout cas, ces amis de Rome avaient été précisément choisis parmi les hommes qui se tenaient aux frontières de la nouvelle province : du côté de la Garonne, les Nitiobroges étaient à Agen, dominant la vallée qui descend de Toulouse à l'Océan ; du côté du Rhône, les Éduens étaient à Bibracte et les Séquanes à Besançon, commandant les deux routes qui se dirigeaient vers la Seine et vers le Rhin. De telles alliances prolongeaient le nom et l'influence du peuple romain jusqu'aux extrémités de la terre gauloise, et elles le garantissaient contre toute surprise. Ses voisins immédiats montaient la garde pour lui, et ouvraient à ses marchands ou à ses espions le chemin des nations laissées indépendantes.

C'est ainsi que Rome, par des faveurs plus pernicieuses encore que la violence et la perfidie, acheva de détruire l'unité gauloise. Le sénat avait beau décréter que les Cévennes formeraient la limite de son empire*, que la Gaule vivrait à sa guise et sous ses propres lois ^ : tout cela était le mensonge habituel. En réalité, il ne pourrait plus, il ne voulait plus se désintéresser de ce qui se passerait désormais entre l'Océan et le Rhin; il gardait les moyens de se renseigner et d'intervenir. Ce qui fut plus grave, c'est que Rome maintint dans sa plénitude son droit de cité victorieuse, acquis sur le champ de bataille où Bituit avait succombé. En vertu de ce droit, elle possédait sur la Gaule

Province, et n'étant pas nommés par César parmi ceux qu'il combattit (p. 310, n. 5). — On peut, dans ce cas, lire chez Diodore (XXXIY-V, 36) AaxToipa; au lieu de 'lovxwpa; : il s'agirait alors d'un roi de Lectoure, qui serait venu à Rome, s'y serait instruit des choses latines, et qui, devenu maître avec le secours du sénat, serait demeuré son allié (vers 110-100?) (cf., de même, Zippel, Neue Jalirbiicher, CXXXVII, 1888, p. 615-6).

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