T. Il, p. '44-a
4. Cela lésulti: du lait (|U(î jamais, à projxis des rap])orls des Ivliicns avec Rome, depuis 121, il n'est ()uesli(in de rois chez eux; je doute du reste (|ue le sénat h'ur eiil donné h; lilre de « frères » s'ils avaient l'oriné un royaunu'.
5. Les Arveines ont ciîssé d'oheir a des rois bien avant 5S; cl. César, VII, '1, 1.
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bares, des eiïets semblables. Partout s'écroulaient, au contact des légions et du sénat, les vieilles royautés ou les tyrannies naissantes, et le monde se courbait sous les lois des noblesses municipales. Dénuées d'ambitions militaires, attachées surtout au souci de maintenir leur pouvoir et de garder leurs richesses, ces sociétés aristocratiques s'accommodaient sans peine d'un patronage étranger : elles furent, de Cadix à Byzance et de Bibracte à Carthage, les assises toujours semblables sur lesquelles le peuple romain appu3'a sa majesté souveraine'. Il est donc permis de croire que les nobles arvernes virent sans déplaisir la captivité de Bituit et la perfidie de Domitius, et que peut-être quelques-uns d'entre eux servirent de complices au proconsul.
Tout ce qui était ambition généreuse ou pensée générale s'évanouissait dès qu'intervenait la diplomatie romaine. Bituit emprisonné, la royauté supprimée chez les Arvernes, leur domlaiation sur la Gaule s'effondra. Déjà, les Eduens s'étaient séparés d'eux; les Belges, les Armoricains, les peuples de l'Ouest et de la Loire, durent suivre leur exemple. Il ne resta de fidèles aux Arvernes que les tribus voisines, celles du plateau Central, Velay, Quercy, Gévaudan et Rouergue^. Cette unité celtique était trop récente, elle avait à lutter contre trop de jalousies, elle manquait trop d'institutions communes, pour résister à un choc un peu rude suivi d'intrigues savantes. Au surplus, un vaste empire ne se comprenait guère, dans le monde des Barbares, sans le prestige d'un grand roi ou d'un chef de guerre ^ et les Arvernes, en supprimant la monarchie, s'étaient privés de ce qui avait fait leur force et la gloire de leur nom.
1. Cf. Fustel de Coulanges, Polybe, dans les Questions historiques, p. 197 et suiv.
2. Qui siib imperio Arvernorum esse consuerunt. César, Vil, 75, 2. Peul-èlre gardèrent-ils aussi, comme clients, les Carnutes, qui semblent avoir des rapports étroits avec les Arvernes (VU, 3, 3; VI, 4, 5, où les Rèmes ont remplacé, comme patrons, les Séquanes et les Arvernes, VI. 12, 6, et I, 31. 3).
3. Cf. t. I, p. 253-4, t. Il, p. 548-550, t. III, p. 132 et 136, p. 421 et p. 487.
Le sénat romain s'arrangea de manière à ce que l'anarchie gauloise, à ce que cet état de divisions et de haines eût des chances de longue durée. Il attacha à ses intérêts, par des contrats ou par un traitement flatteur, les peuples qui pouvaient lui être le plus utiles, ou qui détestaient le plus la nation de Bituit. LesÉduens reçurent le titre decc frères et consanguins du peuple romain » * : une cérémonie publique ou des décrets solennels, à Rome ou à Bibracte, affirmèrent cette alliance devant les dieux, et la présentèrent aux hommes sous la forme d'une éternelle et mystérieuse fraternité-. A côté d'eux, une convention unit aux Romains les Séquanes de la Franche-Comté ^ Une autre fut conclue avec les Nitiobroges de l'Agenais*; d'autres encore, avec des tribus ou des chefs de l'Aquitaine ^ Ces con-
1. Ils reçurent peut-être d'abord seulement le titre d' « alliés », et en 121 au plus tard, cf. p. 7, n. 2; la mention des Éduens par Polybe (III, 47, 3) se rapporte peut-être à la connaissance qu'il eut d'eux lors de leurs premières relations avec le sénat; Apollodore, fr. 60, ap. Etienne de Byzance, s. v. AîSojo-.ot (o-Vh**/"' 'Pa)[jiaia)v); Tite-Live, Ep., 61. Le titre de « frères » est venu, je crois, plus tard; Cic, Ad AU., l, l9,2(fratresnostri);Adfam.,\U,l(},i{id.);CésaT, De b. G., I, 33, 2 (fratres consanguincosque sxpenamero a senatu appellaios) ; cf. 30, 5; 43, 6; 44, 9; Strabon, IV, 3, 2 (ic[£),i]ol xa"; (j-jyrv/Eii); Diodore, V, 25, 1 (a-jyylvetav xal 9t),cav); ' Tacite, Ann., XI, 25, 1 (fraternitatis nomcn); Plut., César, 26 (àosXçoj;); Panegyrici Latini, Bœhrens, IV, 4 (fratcrno noniine); cf. V, 21 ; VIll, 2 et 3; Laudes Doinini, 9 (Migne, P. L., LXI, c. 1001).
2. La chose ne laisse pas que d'être extraordinaire, ce titre de « consanguins • n'ayant été accordé par les Romains qu'aux citoyens d'Ilium, issus comme eux de Troie (Suétone, Claude, 25; Digeste, XXVII, 1, 17, 1). Et cela semble bien indiquer qu'une tradition avait cours, que les Éduens étaient d'origine troyenne, tradition qui a sans doute son origine dans quelque similitude de noms entre tels lieux du pays éduen et tels personnages ou peuples de l'épopée homérique (cf. Ammicn, XV, 9, 5). De môme, chez les Arvernes, p. 143-4. — Dans le même sens, Roth, Germania de Pfeiiïer, I, 1856, p. 50 et suiv., et Birt, Rlœinisches Muséum, LI, 1896, p. 525-7. — Hirschfeld (Sitzungsbcrichle de l'.Vcadémie de Berlin, 1897, LI, p. 1105-11) croit que cette fraternité est simplement la forme celtique ou barbare de l'alliance intime (cf. t. II, p. 441-2). Mais les deux explications ne s'excluent pas : les Romains ont pu accepter la fraternité à la gauloise parce qu'il existait la légende d'une parenté à la troyenne.
3. César, De b. G., I, 3, 4 : le roi Catanianlaloedis, amicus populi lioinani. Bien avant .'58; peut-être lors de l'invasion des Teutons, cf. p. 86-87.
4. César, VII, 31, 5 : le roi Ollovico [sic a, Allovico p], amicus populi liomani. Peul-ètrc au temps de Pompée, cf. p. 117.
5. César, IV, 12, 4 : Piso, Aquilanus, mort en 55, est petit-flls d'un roi amicus ab senatu nastro appellalus. L'alliance peut se placer au temps de Pompée et de Cnlpurnius Pisoii, en 67 (p. 120, n. 3). Peut-être un Aquitain de Lcclouro, les gens do Lectoure étant parmi les ])lus importants des A(iuilains, les plus voisins de la