Cf. III, 7, 1 (expulsis Germanis
G. JuLLiAN. — Histoire de la Gaule. " III. — 18
En même temps que le Rliin, c'était l'Océan qu'il fi)aiit cette année comme terme de ses victoires et des conquêtes de Rome. Pendant le dernier siège, il avait envoyé une de ses bonnes légions, la YIP', et l'un de ses officiers, Publius Crassus le jeune, dans la direction de l'Armorique^. Ce fils du triumvir fut un des mieux doués des lieutenants de César. Il avait déjà montré du coup d'oeil dans le combat, de l'esprit d'initiative et d'à propos \ et il sembla désigné pour les entreprises où il fallait de l'audace et de la décision, les pointes aventureuses en pays ennemi*.
Ce que César lui donnait à réduire, c'était la Gaule entre la Seine et la Loire, la Normandie, l'Armorique, le Maine et l'Anjou, nations riches et puissantes sur terre ou sur mer, habituées à l'isolement et à l'indépendance, peu mêlées à la vie et aux compromis du reste de la Celtique ^ Et il fallait que le jeune Crassus eût un tempérament de conquérant, pour partir avec une seule légion vers ces terres inconnues qui finissaient par se perdre dans l'Océan, les plus éloignées de Rome qu'aurait foulées en Occident un soldat de César.
Crassus fut aussi heureux que son chef. De Namur à Angers % il fit 125 lieues sans rencontrer de résistance. La rapidité des marches romaines, le bruit des succès de César, cette crise de peur et de lâcheté qui pesait en ce temps-là sur la Gaule, décidèrent les Armoricains à se soumettre'. Partout, d'humble* ambassades se présentèrent devant le jeune officier. Il en vint des petites nations normandes, du pays de Séez et du Coten-
2. l'our tout ce qui suit, César, II, 34 (très bref), et un mot chez Plutarque, 20, et chez Dion, XXXI.X, 5 (qui semble dire que César soumit d'autres peuples par lui-mi'jme). — Je crois bien que la VII* a campé à Anj^ers ou tout près d'Angers (de m6me, Ilenzi, Le Camp de César daiis le pays des Andes, Saint-Germuin, 1867, extrait de L^ Investigateur d'oct. 1866).