ERREURS ET REVES DE CESAR
fallait accroître son année, ses ressources et sa gloire, et, pour cela, gagner du temps et ne se brouiller avec personne.
Il se raj)procIia des frontières de l'Italie; et, à la lin do riiiviM-, on le vit ù Ravenne, où Crassus le rejoignit', puis à I.ucques, où Pompée vint à son tour". Et il eu vint bien d'autres, jusqu'à 200 sénateurs, des magistrats en nombre, dont les 120 licteurs attendaient parfois à la porte de César \ Rome entière parut lui faire la cour*. Le butin ramassé en Gaule était arrivé. Le proconsul prétait ou donnait à tous; ses agents achetaient les électeurs^ : For des vaincus continuait la ruine de la liberté®.
L'entente fut renouvelée entre les trois complices. Pompée épousa la fille de César, Julie; Crassus et lui seraient consuls en 55; Crassus recevrait la Syrie et la guerre contre les Parthes'; l'autorité proconsulaire de César serait prolongée d au moins quatre ans, et suivie d'un nouveau consulat ^ C'était, cette fois, un vrai partage de l'Empire romain, préparé entre les trois hommes et à faire ratifier par le sénat et le peuple (avril).
En ce qui concernait le proconsulat de César, on devait alléguer que la Gaule n'avait pas encore reçu sa formule et sa loi provinciale, et qu'il restait beaucoup à faire entre les Alpes et l'Océan®. Cela était vrai, et le proconsul avait donné des ordres, avant l'hiver, pour compléter l'œuvre de la conquête : des troupes, notamment, avaient été envoyées dans les Alpes du Valais, afin d'assurer une liaison constante et directe entre l'Italie et la Gaule du Nord "'. D'autres se prépareront à des-