III
tassent de la dispersion des légions pour les séparer de leur chef et les envelopper à l'improviste.
Si le proconsul a pu commettre une telle imprudence, c'est qu'il était sûr que les Gaulois ne prendraient pas les armes; ou, peut-être, c'est qu'il continuait à se fier à sa fortune'. Elle lui donna raison cette fois encore, et, sur presque tous les points, elle lui envoya des succès sans mélange.
Le plus grand de tous fut une victoire navale sur les Vénètes; et dans ce succès, ce qui est vraiment admirable, ce qui est peut-être l'épisode le plus étonnant de la guerre des Gaules, c'est la création, en quelques mois, sur cette mer inconnue des Romains, d'une flotte et d'une marine capables de disputer rOcéan du Nord à ses maîtres dix fois séculaires.
César arriva à ce résultat par la rapidité de ses décisions, la netteté de ses ordres, la concordance rigoureuse de ses dispositions. C'était, avant toutes choses, un incomparable administrateur de guerres. Il lui fallait des vaisseaux de combat à la romaine, longs, souples et rapides, pour assiéger les masses pesantes des vaisseaux vénètes^ : il en fit construire un grand nombre chez les riverains de la Loire maritime ^ sans doute chez les Pictons, qui occupaient alors le pays de Retz*. Mais il lui fallait aussi des vaisseaux à la gauloise, pour les transports et les services auxiliaires : il les réquisitionna chez les Celtes du golfe de Gascogne, Vendéens, Saintongeois et autres ^ rivaux
1. Kn voyant le soin avec le(|uel il explique ses dispositions pour la campagne (III, 10), on peut supposer qu'il a eu à se défendre contre certains reproches.