Bellum gercndum, III
8. Cf. t. II, p. 440-430; pour ce ([ui suit : III, 20, 1, 3 et 4; 21, 3; 22, 4; 23, 0 et 7 •- 24, 2 et 3; Dion, XXXIX, 46, 3.
plus prudente et plus têtue; rusés, habitués aux travaux les plus divers des champs, des mines et de l'élevage, ils montraient cette variété d'aptitudes et de ressources qui faisait l'excellence du légionnaire. De plus, ils voulurent se faire encadrer par des ofliciers d'expérience, soigneusement choisis. Ils avaient de bonnes relations avec leurs voisins d'Espagne, Vascons, Cantabres ou Celtibères; il restait parmi ceux-ci quelques-uns de ces chefs que Sertorius avait formés à la discipline romaine*, qui savaient l'art de bâtir un camp, d'étudier le terrain, d'affamer l'ennemi; quand les Aquitains se virent menacés par Crassus, ils les appelèrent à leur secours, et surent leur obéir-. Ces hommes du Midi furent alors les plus sages de toute la Gaule.
Mais le jeune général leur en remontra dès son arrivée. 11 s'était d'abord renseigné sur le pa)'s : par deux fois, les Romains de Languedoc ou d'Espagne s'y étaient aventurés, et leurs expéditions avaient fini par des désastres \ Crassus prit ses précautions pour mieux faire. On ne lui avait donné que douze cohortes, à peine 7000 légionnaires *. Il compléta sa petite armée à l'aide de fantassins et de cavaliers auxiliaires ^ qu'il leva sans doute chez les tribus du Poitou, de la Saintonge et de l'Agenais ". Puis, comme il touchait à la Province, il appela sous les aigles les vétérans de Toulouse et de Narbonne, soldats d'élite dont chacun valait une troupe'. Le service des vivres fut assuré sans peine* dans cette région de la Garonne, fromentière et plantureuse'.
L'Aquitaine présente la forme d'un vaste quadrilatère, qu'encadrent la Garonne, le Gers, les Pyrénées et l'Océan. La ligne