cf. 27, i
2. 23. 3-5. César place toute cette organisation de la guerre après la prise de Sos. Gela me paraît une de ces interversions dans l'exposé qui sont assez fréquentes chez César : car il parle souvent des prépgratifs d'une campagne au moment où elle commence (cf. III, 14, 3 et suiv. ; VII, 22, 1 et suiv. ; 57, 2).
3. Le seul renseignement géographique est le suivant (23, 1) : Crassus in fines Vocatiuni et Tanisathim profectus est. — Pour les Vocates, il n'y a pas de doute (rancienue hypothèse, Boiates =^ Bayonne, n'a presque plus de défenseurs) : ce sont les Boiates du pays de Buch (t. II, p. 450-1), et probablement sous ce nom (déjà dit par Marlianus), César entend aussi les Basâtes du Bazadais; car : 1° il ne nomme nulle part ces derniers: 2° cf. Pline, Basabocates ou Basaboiales, 111, 108. — Pour les Tarusates, j'accepte, sans certitude, Tartas (déjà proposé par de Marca, n. éd., I, p. 49); car : 1° il y a une vague similitude entre les deux noms; 2° il ne faut pas chercher trop loin du Bazadais, vu que les deux peuples, d'après le texte de César, paraissent se toucher ; 3° Tartas a toujours été un centre important, militaire et économique. — Cela étant, il est impossible que Crassus ait marché à la fois vers Bazas et vers Tartas. Je préfère ce dernier itinéraire : 1° c'est la suite de celui qui l'a conduit d'Agen à Sos (p. 305); 2"* la route qu'il suit est la voie diagonale et stratégique de l'Aquitaine; .3" c'est sur cette voie que les confédérés ont dû se réunir, à portée de l'Espagne; 4° ce n'est que sur cette voie fréquentée, et aux carrefours de rivières et de routes, de Mont-de-Marsan, Tartas, Saint-Sever et Dax, qu'on pouvait dire in dies hostium. numerum augeri (23, 7); 5° ce n'est que là que je trouve, en Gascogne, apertissiinis campis (26, 6; cf. p. 310, n. 2). — Ou a surtout proposé (dès Marlianus), pour les Tarusates, Aire et le pays de Tursan, ce qui est possible. — Comme lieu de rencontre, la ligne de l'Adour ou de la Midouze a été acceptée le plus souvent, avec, comme lieux de la bataille (d'ailleurs possibles) : Aire (Sorbets, p. 78 et suiv., après bien d'autres), Cazères (Tartière, p. 126 et suiv.), Souprosse, Mont-de-Marsan (Fallue, p. 110), etc. — On a proposé, au sud de cette ligne, ce qui est par suite assez invraisemblable : Miramont et Sarron (Tauzin, Revue de Gascogne, XXXVl, 1895, p. 513 et suiv.; etc.),
■ Saint-Loubouer (Dompnier de Sauviac, Chroniques de la cité et du diocèse d'Acqs, 1, Dax, 1873 [1874], p. 29-30), Gamarde, etc. — La route de Bazas est acceptée par de Crazannes {Nouv. Cens., p. 13).
mcnçait, toute difîérente des luttes naïves et franches auxquelles les Gaulois avaient habitué leurs adversaires. Les chefs espagnols reculaient devant lui, sans offrir jamais la bataille; des détachements ennemis circulaient en tout sens, arrêtant les convois de vivres, barrant les routes', isolant la petite armée romaine. En face de son camp-, Crassus voyait se dresser le camp des Aquitains, lui aussi bien pourvu d'hommes et de défenses, avec ses sentinelles, son fossé, son rempart, ses portes et ses tours ^ Les tribus de la Gascogne s'accoutumaient déjà, sous la pression de la guerre elle-même, aux usages du monde gréco-romain \
De nouvelles bandes grossissaient sans relâche les troupes des Barbares ^ Pour peu que Crassus laissât faire, il serait bientôt affamé, presque investi, obligé à une pénible retraite ^ 11 prit alors la seule résolution possible. Un matin, faisant sortir toutes ses troupes, il les rangea sur deux lignes, et présenta au camp de l'ennemi son front de bataille '.
Il n'avait tout au plus que 10 000 hommes^ à opposer aux 50 000 Barbares ^ Des Gaulois n'auraient pas hésité à courir au combat. Les Aquitains jugèrent que leur victoire serait plus sûre et moins sanglante s'ils attaquaient leur ennemi plus tard, à Timproviste, au cours d'une retraite. Ils se tinrent cois dans leur camp '°.
Mais Crassus était aussi avisé que ses adversaires. S'ils ne
1. Vkis obsidere, commealibus noslros intcrcltulvre, obsessis viis : allusion à des allaqucs de liane par des roules transversales (cf. p. 307, n. 3, p. 310, n. 2),
2. 11 est probable que, dès que Crassus approcha de l'ennemi, il s'arrùla dans un camp bien fortilié, attendant les manoeuvres ennemies, comme Sabinus devant Viridovix (p. 3o2) et si souvent César (p. 231 et 252); par suite, les opérations mentionnées par César (depuis 23, i) se ramèn(MU toutes à des manœuvres autour d'un même camp.