Cf. p. 169, 196 et
d'attraits et plus de terreurs ' que dans cet Orient où Pompée s'était taillé à si bon compte une renommée éternelle, et où Crassus allait chercher, lui aussi, à devenir un grand homme ^ Pour faire concurrence à ses deux amis et à Alexandre même, César énumérait avec complaisance les horreurs grandioses du monde qu'il découvrait : il prenait çà et là, chez les vieux ] écrivains grecs ou dans les propos des marchands, tous les récits et tous les mensonges qui se débitaient sur les peuples du Nord, et il les mêlait à la narration de ses guerres avec une imperturbable gravité. Cette Germanie que les légions foulaient sous leurs pieds, était la terre des forêts et des fleuves immenses, des peuples innombrables, des animaux monstrueux « qu'on ne voit nulle part ailleurs ))^; ces Suèves qu'elles menaçaient, étaient des hommes d'une taille prodigieuse, d'une force irrésistible, « auxquels les dieux immortels eux-mêmes ne sauraient être comparés »*; quant à l'ile de Bretagiie, c'était le pays du mystère % « on en ignorait tout », disait-il, « et la grandeur et la nature, les Gaulois eux-mêmes ne connaisbaient rien sur elle » % et César, omettant Pythéas et les Grecs', donnait à entendre qu'il avait découvert la terre extrême du monde habité ^
1. Dion, XXXIX, 53; Cic, Ad Quintum fratrem (alors eu Rretapiie, en 54), II, 16, 4 : Quos tu silus, quas naluras reruin et locorum, quos mores, quas gentes, quas pugnas, quenx vero ipsum iinperatorem Iwbcs!