‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 401 sur 776 · Dion, XXXiX · texte numérisé non relu

Dion, XXXiX

3. Dion, XXXIX, 31, 2; Plulnrque, Pompée, 31 : Publius Crassus le jeune les amena; il revint ensuite en Gaule pour ciiercher des mercenaires en vue de la guerre parthique, en o4-o3 (Plutarque, Crassus, 17).

4. Les pouvoirs de César expiraient, je crois, le 1" mars 34 (p. 166). — Que son proconsulat ait été prorogé de cinq ans (mars 54-mars 49) par la Icx Pompeia Lie inia, c'est ce que je ne peux croire : aucun texte ne le dit, et quelques-uns semblent dire le contraire (Cic, textes indiqués plus bas; Hirlius, De b. G., VIll, 39, 3, cf. p. 343, n. 4; le même, 49, 2). II est seulement certain que ses pouvoirs allaient jusqu'au 1" mars 50 (Célius ap. Cic, Ad fàm., VllI, 8, 9). — Pour tout le temps au delà, du 1" mars 30 jusque vers juillet 49, soit seize mois (cf. César, De b. e., I, 9, 2), il y eut débat entre César et ses adversaires; la proposition de terminer le proconsulat en novembre 50 (Cic, Adfam., VllI, 11, 3) consistait, je crois, à partager le diiïérend par moitié. — Ce débat avait son origine, à ce qu'il semble, dans les faits suivants. 1° La Icx Pompeia Licinia stipulait sans doute qu'il ne serait pas « délibéré » sur les provinces de César avant le 1" mars 50 (Célius, l. c.) : c'est-à-dire que ses pouvoirs lui étaient implicitement ou explicitement prorogés de quatre ans (ce qui leur donnait, en ne tenant pas compte du consulat, une durée de liuit ans, de mars 38 à mars 50, cf. Dion, XXXIX, 33, 3). 2" Le cboix de celte date, mars 50, s'explique parce que les provinces proconsulaires étaient réparties, d'après la lex Sempronia (cf. p. 282, n. 3), environ un an et demi avant l'entrée en fonction des proconsuls, et que le successeur de César, choisi vers ce mois de mars 50, et qui serait un des consuls de 49, n'arriverait en Gaule qu'en janvier 48, date à laquelle César pourrait être consul de nouveau : ce qui, en fait, lui donnait dix ans de gouvernement on Gaule, 58-49. 3° Mais une loi de Pompée en 52 abrogea la lex Sempronia (Dion, XL, 56, 1) : ce qui permellait au sénat, en « délibérant » dés le 1" mars 50 sur les provinces de César, de le « remplacer » sur-le-champ; il est possible que César n'accepta pas cette consé- <iuence de la loi de Pompée. 4° Un plébiscite, on mars 52 (?), stipula que César pourrait se présenter au consulat quoique absent (César, De b. c, I, 9, 2; Suét., C, 26 et 28; Cic, Ad Att., Vill, 3, 3) : or, comme il ne pouvait être consul, vu la loi (lu decennium, avant janvier 48, être élu par suite avant juillet 49, il suivait de la que César pouvait se croire le droit de garder ses pouvoirs jusqu'en juillet 49 (César, De b. c, I, 9, 2; Cic, Ad Att., VII, 7, 6; 9, 4; Célius ap. Cic, Ad fam., VllI, îl, 3; Cic, Ad fam., VIII, 8, 9?; PIÙL, II, 10, 24; Ïite-Livo, /:/)., 108). 5" Mais une loi postérieure de Pompée, en 52, interdit toute présentation d'absent au consulat (Suét., C, 28, 2 et 3 : lire leije et non iiec; Dion, XL, 50, 1 et 3) : ce qui ramenait César aux prescriptions de la lex Pompeia Licinia, à son romplacemeut i)()ssil)le le 1" mars 50; il est probable, comme pour la loi provinciale de 52, que César n'accepta pas cet cITet rétroactif de la loi de Pomi)ée (cf. Dion, XL, 36, 2). J.c principal du débat concernait donc Vabsentis ratio (Cic, Ad Alt., VU, 7, 6;

MOTIFS DES GUERRES DE GERMA.NIE ET DK IMll'TAC.NE. 321

plus, il est probable qu'on le débarrassa du contrôle du sénat ou du peuple, et qu'on l'autorisa à faire la guerre à sa guise, contre qui il lui paraîtrait bon'. Il avait donc devant lui un vaste horizon de six années (5G-d1), où il pourrait courir sans frein et sans mesure, et devenir l'Alexandre de l'Occident^

En apparence, ces guerres de Germanie et de Bretagne furent destinées à compléter la défaite et l'isolement des Gaulois. Des Bretons, l'année précédente, avaient aidé leurs frères d'Armorique^; les Trévires et les Gaulois eux-mêmes appelaient, disaiton, les Germains à leur secours*. II fallait les châtier tous et leur ôter l'envie de revenir^ : le jour où la Gaule se verrait abandonnée du reste du monde, elle renoncerait à ses dernières illusions. L'esclavage la gagnerait, pour ainsi dire, des extrémités jusqu'au centre.

Mais César, lorsqu'il franchit le Rhin et le détroit, eut d'autres soucis que de parfaire sa nouvelle conquête. J'ai déjà dit son besoin des victoires impossibles et des gloires inconnues® : en attendant le Danube et la Scythie^ il les rencontrerait dans les îles de l'Océan et les forêts du Nord. Car, vraiment, il y avait, dans ces étranges pays de Bretagne et de Germanie, autant

9, 4). 6° Les plus acharnés des ennemis de César interprétaient la lex Pompeia Licinia comme si elle autorisait, pour le 1" mars 50, non pas la délibération sut les provinces de César, mais son rappel, et proposaient de lui nommer, dès 51, un successeur pour cette date du 1" mars 30 : ils s'appuyaient sur le fait, disaientils, que son proconsulat était une mission militaire, liée à la conduite d'une guerre, et que cette guerre était finie (Cic, Adfam., VIII, 1, 2; Ad AU., VIII, 3, 3; Suét., C, 28, 2) : ce qu'on avait déjà dit en 56 à propos de la première période du proconsulat (p. 282). — Pour la bibliographie, p. 166, n. 4.

1. Cf. Dion Cassius, XXXIX, 33, 2 (il est vrai que la chose n'est indiquée que pour Crassus en Syrie et Pompée en Espagne).

2. Cf. Cicéron, Pro Balbo, 28, 64; In Pisonem, .33, 81 et 82; Dion, XXXIX, 53.

3. IV, 20, 1 (peut-être aussi en 57; cf. II, 14, 4); III, 9, 10.

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