‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 414 sur 776 · A douze milles, avec la cavalerie en avant (n · texte numérisé non relu

A douze milles, avec la cavalerie en avant (n

7. César affirme avoir donné des ordres en conséquence (IV, H, 6).

8. lY, 12, 1-6. Il ne faut pas oublier la célébrité de la cavalerie des Usipètes et Tenctères (p. 329, n. 7).

ô. Entre autres Piso Aqii'.anus et son frère (12, 4-6; cf. p. 28, n. 5, p. 142-3).

supérieurs en nombre à cette poignée d'adversaires, se laissa poursuivre, à son habitude, jusqu'en vue de l'armée romaine'. Ce ne fut pas un guet-apens, puisque César avait refusé la trêve ^. Mais après cela les Germains n'eurent à attendre de lui ni justice ni pitié. Le soir, il fit dire aux officiers de tout disposer en vue du combat ^ Le lendemain, quand les chefs se présentèrent en toute confiance, pour s'excuser de la rencontre et reprendre les pourparlers, il les fit entrer dans son camp, les y enferma*, et marcha aussitôt avec ses troupes contre le campement ennemi, à huit milles de là (vers Xanten?) ^ Il l'atteignit passé midi^

1. IV, 12, 2; Appien, Celt., 18; Plut., C, 22; Dion, 47, 3. Il est possible qu'il y ait eu trahison (cf. 13, 3), comme lors de la poursuite des Helvètes (p. 208-209). — Le combat eut lieu dans la plaine, entre Strœlen et Gueldres?

2. César lui-même dil petitus et non impetratus (IV, 11, 2), petila pace (13, 1).

3. IV, 13, 1-4. Il campa à huit milles de l'ennemi (11, 4; 14, 1), soit vers Gueldres? car il s'était avancé de quatre milles depuis la dernière entrevue (p. 327, n. 4), aquationis causa, pour abreuver la cavalerie dans les eaux de la Niers (Napoléon III, p. 159)? — Pour se justifier, César énumère ici les motifs qu'il avait de combattre sur-le-champ : 1° venger le guet-apens; 2° ne pas attendre le retour des cavaliers des Germains (p. 327, n. 3); 3° ne pas compromettre son prestige chez les Gaulois.

4. IV, 13, 4-6; Appien, Celt., 18; Dion, 48, 1; Plut., C, 22.

5. C'est sur les hauteurs boisées de derrière Sonsbeck, chez les Ménapes, que je place le campement des Germains, à moins de 10 kilomètres de Xanten, où je crois qu'ils ont passé le Rhin (p. 325, n. 3). En effet : 1° César dit en termes formels que la bataille s'est livrée ad conjluentem Mosx et Pheni (15, 2; cf. p. 329, n. 5); 2° que les Barbares campaient non loin de la Meuse, du côté de sa rive droite (cf. 12, 1); 3° il n'eût pas décrit la Meuse (IV, 10) s'il ne s'était pas agi de cette rivière; 4° les Germains, même dans leurs plus longues courses, ne s'en sont pas éloignés (G, 4); 5° ils se sont nourris, tout l'hiver, dans le pays des Ménapes (4, 7); 6° ils ont occupé fortement, pour une installation à demeure, les terres qu'ils ont rencontrées après le passage (7, 4; cf. 4, 7). — Il faut donc écarter la théorie qui corrige Mosa en Mosella (s'appuyant sur Florus, I, 45 [III, 10], 14, et sur Dion, 47, 1), et place la bataille vers Coblentz : théorie de Cluvier (Germ. ant., p. 543), reprise par H. Miiller (Bonner Jahrbiiehcr, VII, 1845, p. 12 et suiv.), von Gœler (2' éd., p. 121), Stolle {Wo schlug Cœsar die Usipcter?, programme de Schlestadt, 1897, p. 10 et suiv.), Rice Holmes (p. 71 et G9I), etc. — La théorie de la Meuse a dotiiié lieu à des variantes qu'on peut écarter : 1° le camp placé sur la rive gauche de la Meuse (Creuly, Carte, p. 16 et suiv); 2° le confluent se rapporte, non au Rhin, mais à une rivière, la Roer (Rergk, Zur Gcschichle und Topoijiuphic der Rheinlande, 1882, p. 7 et suiv.; von Veith, Monatsschrifl de Pick, VI, ISSO, p. 16-19). — Dans la môme région que nous : vers Gennep ou Kevolaer (des Roches, p. 324); près de Goch (DedericJi, dès 1844, et, en dernier lieu, Julius Cn-sar am lihein, 1870, p. 28 et suiv.; Napoléon III, p. 159); à Wissen au sud de Goch (von Cohausen, Bonner Jahrbiicher, XLIIl, 1867, p. 44; van Kampen, pi. 6); dans lo môme pays encore, Levesque de La Ravalierc, Ilist. de l'Ac. ... des Inscr., XYIII, 1753, p. 212 et suiv. (peut-être le premier à le dire).

LE MASSACRE DES USIPETES ET TENGTERES. 329

Les Germains se trouvaient sans chefs et ne s'attendaient guère au combat'; beaucoup même, dit-on, faisaient la sieste*. A vrai dire, il n'y eut pas de bataille. Quelques braves gens essayèrent d'organiser la résistance derrière les chariots : mais les femmes et les enfants prirent la fuite à la vue des Romains, et, après quelques passes d'armes, les hommes suivirent'.

César lança contre cette foule éperdue ses 5000 cavaliers', qui avaient à se faire pardonner leur propre fuite de la veille. Ils tuèrent tout ce qu'ils purent atteindre. Sous l'épouvante de la poursuite, les Barbares arrivèrent dans l'impasse que formait le confluent de la Meuse et du Rhin^ Il ne leur resta plus qu'à se précipiter dans les fleuves; les cavaliers survinrent, et l'eau, la fatigue et l'ennemi achevèrent l'œuvre de destruction. Bien peu de Germains survécurent, et César eut la joie de constater qu'il n'avait, ce jour-là, perdu aucun de ses hommes ^

Par une ironie qui fut une nouvelle cruauté, le proconsul rendit alors la liberté aux chefs, prisonniers dans son camp. Mais leur nation était détruite, les Ménapes les guettaient pour les livrer au supplice. Ils demandèrent à rester dans le camp romain, ce qui leur fut accordé ' : et la campagne eut cette conclusion extraordinaire , qu'elle avait été entreprise pour empêcher les Gaulois de prendre les Germains à leur solde, et que César les garda à la sienne.

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