‹ Histoire de la Gaule (volume 4)Chapitre 426 sur 776 · IV · texte numérisé non relu

IV

7. Cf. p. 259; c'est peut-être d'un port ambien qu'est parti Volusénus (p. 336).

8. Voici les preuves qui permettent de placer à Boulogne le port du pa}\- iiioriii, port non nommé, où César s'embarqua en 55 (IV, 21, 3; 22, 6; 23, I), et, identique au précédent, le porlus Ilius de 54 (V, 2, 3; 5, 1). 1° Le port de Boulogne, avec l'estuaire de la Liane, est le seul, du pays des Morins, capable de recevoir plusieurs centaines de navires (cf. V, 8, 6). 2° Ce fut, dès le temps d'Auguste (Mêla, III, 2, 23), le principal lieu d'embarquement, et je ne pense pas que les Romains aient changé les directions des grandes voies commerciales de la Gaule. 3' Mêla (111, 2, 23) et Ptolémée (II, 9, 3) appellent Gesoriacum ou Boulogne « le port des Morins », et Florus (1, 45 [III, 10], 10) donne ce nom de « port des Morins » à celui où César s'embarqua. 4° A huit milles du portas Itius, il y a portas alterior ou superior, c'est-à-dire plus haut sur la côte (IV, 23, 1 ; 22, 4; 28, 1) : ce sont les positions respectives (il est vrai moins distantes, six milles seulement) de Boulogne et d'Ambleteuse. 5° Je doute qu'il y ait eu, sur ce rivage, en dehors de Boulogne, un pays assez riche pour nourrir une grande armée et ses trains d"équipage. 6" Je doute aussi qu'on puisse trouver, hors de Boulogne et de la vallée de la Liane, une population de 0000 guerriers (IV, 37, 2). Voyez d'autres arguments, tirés surtout de la direction des courants et des vents qui ont poussé César (p. 341, n. 8, p. 356, n. 7), chez les partisans de Boulogne. — Elle a été mise en avant dès le Moyen Age (Wace, Li Romans de Brut, I, p. 203, éd. Le Roux de Lincy) : Somner, Julii Cœsaris Portas Iccius (écrit avant 1600), Oxford, 1694; Cluvier, p. 440; Sanson, § 98; le même, Le Port Icias, demonstré à Boulogne, 10-30 [ms., B. n., fr. 5691] (mériterait l'impression); Fleming et Lagerlœf, De trajectu J. Cœsaris in Britanniam, Upsal, 1697, p. 44 etsuiv. ; [Lequien], Disser<a//on. etc., dans la Con-

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pendants. César, dès son retour de Germanie, se dirigea de ce côté avec toute son armée : les Morins du Boulonnais se soumirent, il leur prit le plus d'otages possible S et, afin de les

liiiualion des Mémoires ... par le P. Desmolets, VIII, h 1749, p. 325 et suiv. ; Mann,. Dissert., etc., Mémoires de l'Acad. ... de Bruxelles, III, 1780; Mariette, Lettre à M. Bouillet ... sur l'article Boulogne, 1847; Haigneré, Étude sur le Portus Itius de Jule^ César, 1862 (important; voir la discussion provoquée par ce travail. Congrès scient.,. 1860, Dunkerque, XXVII, 1861, p. 57 et suiv.), etc.; Robitaille, Mém. de l'Acad, d'Arras, XXXV, 1863; Schneider, Portus Itius, Berlin, 1888; Napoléon III, p. 192 et suiv.; Rice Holmes, Ane. Br., p. 585 et suiv. (cf. plus loin). — En faveur de Wissant, auquel on a dû penser durant tout le Moyen Age (voyez Guillaume de Poitiers, Migne, P. L., CXLIX, c. 1212, comparé à Guillaume de Jumièges, id., c. 852) : du Gange, Du port Itius, dans son éd. de Joinville, diss. XXYill, 1668, p. 321 et suiv.; Gibson ap. Somner, 1694; Voildeul, Mercure de France, sept. 1739, p. 19)2 et suiv.; d'Anville, \ot., p. 389 et suiv.; le même, Mém. de VAcad. des Jnscr., XXVllI, 1761, p. 397 et suiv.; Schœpflin, Comm. hist., Râle, 1741, p. 385 et suiv.; Lefebvre, Hist. ... de Calais, I, 1766, p. 105 et suiv.; Henry, Essai ... sur ïarr. ... de Boulogne, Boulogne, 1810, p. 3 et suiv. ; de Poucques d"IIerbinghem, Bulletins de la Soc. des Antiquaires de Picardie, 1862-4, VIU; de Saulcy, p. 174; Courtois, Bull, historique des Antiquaires de la Morinie, 111, 1860, p. 375 et suiv.; van Kampen, pi. 7 (qui le croit différent du port de 55, lequel serait Ambleteuse); Rice Holmes, The classical Revicw, XXIII, mai 1909, p. 77-81 (paraît préférer maintenant Wissant pour le port de la grande expédition de 54). — Ambleteuse (Creuly, Carte, p. 63 et suiv.; Dict. arch., Il, p. 45 et suiv.). — Calais (opinion primitive : Marlianus; Ortelius, Synonymia, 1578, s. v. Iccius; Morel-Disque, Mém. de la Soc. d'Agric. de Calais, 1841-3, p. en 1844, p. 51 et suiv. [écrit en 1810], etc.; von Gœler, 2' éd., p. 143; etc.). — Le port de Marck (de Le Nort, PoUgraphie Audomaroise, 1 133, réimpr. du Bull. hist. de la Soc. des Ant. de la Morinie, 1861, 11, p. 330 et suiv.),

— Mardick(GhifUet, Portas Itias, Anvers, 1627, p. 34 et suiv.). — Étaples (de Valois, A"û(., p. 249; Eccardus [Eckhart], De porta Icio, p. 253 et suiv. des Miscellanca Lipsiensia, VIII, 1718). — A rembouchure de l'Authie (Morel de CamiRMinelle, Mém. de la Soc. d'Émulation d'Abbeville, 1834-5, p. 23 et suiv.). — Saint-Onier ou plutôt un point de son prétendu golfe (Malbrancq, De Morinis, Tournai, I, 1039, p. 26 et suiv.; Maillart, Mercure de France, févr. 1736, p. 209 et suiv.; Jules Lion, Le Sinus Itius,. Saint-Omer, 1859; de Laroière, Ann. du Comité flamand, 1808-9, .\, p. 249 et suiv.).

— Bruges (cf. Labbe, Pluirus, p. 137). — L'estuaire de la Somme (Airy et, avant lui, Devérité, Diss. ... que César s'embarqua dans les ports placés à l'embouchure de la .'iomme, présentée au Général-prcmier-consul Bonaparte, à son passage à Abbeville, le 10 messidor an XI). — Et on a même proposé Dieppe d'un côté et de l'autre l'ile de Walcheren (Surtees, Julius Cxsar, 1866, p. 3). Et entre les deux points encore : Montreuil, Le Porlel, Isques, Escalles, Sungatle, Gravelinus, Nieuport, Gaud, L'Ecluse (voyez les relevés de Henry). — La question du portus Itius était, avant celle dAlésia, la plus riche eu bibliographie que soulève l'histoire des camjjagnes de César, et je crois que le débat u commencé dés l'expédition de Guil-

^laume le Conquérant.

1. IV, 21, 3, et Dion, XXXIX, 51, 1 (Morins du Boulonnais); César, 22, 1 et 2 (Morins du Boulonnais, de Thérouanne et des marécages). H dut reprendre la route Colugne-Tongres-Amicns (cf. p. 330, n. 5 , et de là à Boulogne pur la roule direct); (chaussée de Dumqueur). La soumission fut évidemment in)pnrfaile (et, p. 346).

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contenir, il leur donna comme roi Comm l'Alrébate '. — Le quartier général s'établit à lîoulogne : toute la flotte y fut convoquée, toute l'armée y fut rassemblée'. Aucun ennemi ne paraissait sur les eaux du détroit; la mer était libre \ En neuf beures, les légions seraient dans l'île *, et les vétérans auraient beau jeu contre ce ramassis de sauvages.

Mais rien ne se passa suivant les prévisions de César, Les trafiquants gaulois, qui voyaient sans plaisir les Italiens s'approcher des marchés de l'île", répondirent à César qu'ils ne savaient rien du pays, de ses habitants et de ses ports*; puis, laissant le proconsul se tirer tout seul d'embarras, ils avertirent de ses desseins leurs hôtes de Bretagne \ Volusénus et ses marins ne firent que louvoyer sur la côte; ils revinrent au bout de cinq jours, sans avoir osé débarquer et ne rapportant que de vagues indications*. Comm, en revanche, put descendre à terre avec ses cavaliers (à Douvres?), et aborder les indigènes qui avaient député à César; mais à peine commença-t-il sa harangue, qu'on se saisit de lui et de son escorte ' : les messages d'amitié envoyés au proconsul ressemblaient fort à une manœuvre d'espionnage.

De plus graves contre-temps gênaient César sur le continent. Dix-huit navires de transport restèrent en souffrance, à quelques milles du port (à Ambleteuse "), faute d'un vent favorable *'. Il ne lui fut même pas possible d'emmener beaucoup d'hommes : il dut laisser une légion à Boulogne '-, et en envoyer d'autres

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